Carte postale de novembre 2014

Je l’avoue, je jardine très tard en automne. Pas d’insecte, de chaleur accablante, de mauvaises herbes à arracher. Je plante, transplante, prépare le sol, couvre certaines vivaces, etc. Ça prend ça pour qu’en mai mon jardin soit déjà luxuriant. Samedi dernier, après le coucher du soleil, j’entre dans la maison en disant à tous: « c’est fini pour cette année! ». Avec pour résultat un concert d’applaudissements car je devenais du même coup un papa très disponible pour les prochains mois.

En effet, l’hiver québécois c’est long et pour le couper en deux, plusieurs songent à un voyage dans le Sud.

Ça m’a d’ailleurs fait penser au frère Marie-Victorin (1885-1944), grand voyageur.  Combien en a t-il fait? Je l’ignore mais j’ai pu retracer certaines images dignes des histoires de Tintin. Je vous en propose quelques-unes.

Marie-Victorin et le professeur Francis Ernest Lloyd à Carmel en Californie (1938)

Marie-Victorin et le professeur Francis Ernest Lloyd à Carmel en Californie (1938)

De Mombasa, j’embarque avec mon ami Lloyd (de McGill) pour le port Sudan sur la mer rouge.

En 1929, les deux botanistes (Marie-Victorin et Lloyd) sont délégués à un congrès en Afrique du Sud. Ils visitent les plus beaux jardins botaniques et musées d’histoire naturelle sur trois continents. Le frère reviendra convaincu que si les Îles Canaries ont leur jardin botanique, Montréal doit absolument avoir le sien.

Marie Victorin au Caire (1929)

Marie Victorin au Caire (1929)

De fait, la construction du Jardin Botanique l’épuise et il obtient la permission de ses supérieurs d’aller se reposer durant les mois d’hiver. À partir de 1938, il séjourne 7 fois à Cuba. Il est accueilli par le frère Léon avec qui il correspond et échange des spécimens depuis 1907.

Venu de Montréal à Miami par voie aérienne, j’arrive aujourd’hui par ce beau dimanche à l’aéroport de la Havane. Mes deux collègues, Frère Léon et J-P. Carabia sont là pour me recevoir …

Marie-Victorin à Cuba (vers 1938)

Marie-Victorin à Cuba (vers 1938)

Décidément ce frère sort de l’ordinaire pour l’époque avec ses publications, ses recherches, son théâtre. Sa santé chancelante lui procure des dispenses de la part de ses supérieurs. Ses succès et privilèges aliment la jalousie interne. Certains y voient des préférences, des extravagances qui ne devraient pas être accordés à un des leurs. Ceci n’est pas de l’apostolat, dit-on. Il s’en défend:

Il y a beaucoup de demeures dans la maison du père.

Il affirmera plus tard que de toutes les épreuves qu’il a subies, celle-ci fût la plus pénible.

Pour les gens désireux de mieux connaître cet homme et toute sa contribution, n’hésitez pas à visiter le parc Marie-Victorin conçu à son honneur à Kinsey Falls, son lieu de naissance.

Dernière photo connue du frère Marie-Victorin (1944)

Dernière photo connue du frère Marie-Victorin (1944)

 

La guerre des graines

La guerre des graines

L’éducation est une des clés pour permettre une conscientisation du monde qui nous entoure. Parmi celles-ci il y a des confrontation souvent invisibles mais combien significatives qui, sans qu’on s’en aperçoive bouleverseront nos vies. Par exemple, les semences sont-elles une marchandise ou un bien commun de l’humanité au même titre que l’air ou l’eau? Saviez-vous qu’un peu partout dans le monde et ce, dans un avenir proche, les agriculteurs ne pourront peut-être même plus avoir le droit d’utiliser leurs propres graines. En Europe, une loi se met en branle pour contrôler l’utilisation des semences agricoles. Derrière tout ça, 5 grandes multinationales qui possèdent à elles seules la moitié du marché des graines et cherchent à étendre cette privatisation.

Nous vous présentons un film documentaire d’une heure de Stenka Quillet et Clément Montfort intitulé « La guerre des graines » diffusé le 27 mai sur FR5. De Bruxelles, l’Inde, la France en passant par l’Île de Spitzberg, voyez cette œuvre qui met en lumière une menace grandissante qui pourrait complètement éliminer notre souveraineté alimentaire et toucher plus d’un milliard d’agriculteurs dans le monde, même ici au Québec. Pour ceux qui en douterait, consultez notre article intitulé le projet de loi C-18 du gouvernement fédéral canadien écrit en mars 2014.

 

 

La pomme Belley

Pomme Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Pomme Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Des pommiers résistants à l’Île Nepawa en Abitibi. Qui eut cru qu’une pomme pouvait pousser et surtout survivre si loin au nord du Québec.

Thomas Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Thomas Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Au départ, nul ne laissait présager qu’un environnement aussi inhospitalier (-30 degrés) puisse accueillir un pommier. C’est peut-être même le hasard qui a poussé Thomas Belley à planter en 1945 cette variété dont on a perdu le nom. En venant s’y installer dans les années 1930-1940, soit durant  la période de colonisation, le foin semble avoir été la seule récolte qui eut été faite sur l’île. Il est d’autant plus surprenant que ce pommier produisant de toutes petites pommes ait pu survivre près de 30 ans, une survie qu’on estime dû au micro climat créé par le lac entourant l’île. Mais c’est cette petite pomme produisant une purée rose qui a séduit Pierre Drapeau lorsqu’il s’établi sur les terres de Monsieur Belley à la fin des années 1970.

Pierre Drapeau (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Pierre Drapeau (source: Radio-Canada / La semaine verte)

De fait, il a commencé à rêver à un verger nordique vers la fin des années 1970 après avoir constaté qu’il était possible pour lui de faire pousser ce fruit. Il est probablement aujourd’hui le propriétaire du verger le plus au nord du Québec. Et les septiques auront été confondus. Par exemple, en 2006 il cultivait au moins 10 variétés de pommes et de prunes résistantes développées dans l’Ouest du Canada, de la Russie et celle-ci nommée en l’honneur du premier occupant du terrain. L’arbre-mère n’existe plus mais c’est grâce à lui si la variété a survécu et ce, en greffant des branches à de jeunes pommiers poussant sur son terrain.

Pierre Drapeau avec un pommier greffé de la variété Belley(source: www.terroiretsaveurs.com)

Pierre Drapeau avec un pommier greffé de la variété Belley(source: http://www.terroiretsaveurs.com)

Il se désole d’ailleurs de la perte éventuelle de ce patrimoine génétique extraordinaire. Sans personne pour prendre la relève, toutes ses connaissances acquises depuis ces 40 dernières années se retrouvent dans sa tête. Peut-être qu’un jour il écrira ses mémoires!! Qui sait!! Ce serait un beau legs à l’humanité. Pour les intéressés, depuis 2001, le verger est ouvert au public et les groupes.

La sculpture culinaire

Il existe de nombreuses manières de rendre un fruit ou un légume encore plus attrayant. Ne mange t-on pas avec les yeux avant la bouche? Il est très clair pour nous qu’une assiette aguichante met en appétit. Les revues gastronomiques et les livres traitant du sujet l’ont compris en publiant des pages couvertures des plus attirantes.

Par ailleurs, la sculpture culinaire amène l’art de la cuisine à une échelle encore plus élevée. Un simple petit radis se transformera en bouton floral, un melon en récipient pour salade de fruits, un chou en publicité tape-à-l’oeil, etc. L’Institut de la sculpture culinaire de Montréal pourra vous initier mais dites-vous que le phénomène dépasse largement nos frontières avec des concours tels le championnat européen de sculpture.

Pour le thème de l’Halloween, nous avons cru de circonstances vous montrer quelques réalisations de l’artiste Dimitri Tsykalov (1963-…). Russe d’origine, il vit maintenant à Paris mais travaille un peu partout dans le monde. Ses œuvres sculptées à partir de fruits ou légumes sont d’un réalismes impressionnant mais dites-vous que toutes ses installations ne sont pas pour tout le monde. Ma conjointe ayant frayé avec le monde de l’art contemporain dans une autre vie vous dirait qu’elles pourraient même choquer.  Joyeuse Halloween!!!

Source: oddstuffmagazine.com

Crânes sculptés dans des melons (Source: oddstuffmagazine.com)

 

Source: randommization.com

Sculpture d’un crâne avec un chou (Source: randommization.com)

Source: randommization.com

Sculpture d’un crâne avec une pomme (Source: randommization.com)

 

Source: randommization.com

Sculpture d’un crâne avec une aubergine (Source: randommization.com)

 

 

 

Comment produire et conserver vos semences d’arachide

Magot d'arachides

Voici un beau projet facile à faire avec vos jeunes enfants. Prévoyez pour les régions nordiques comme le Québec, planter vos semences à l’intérieur 5 semaines avant la date du dernier gel au sol. Pour cela, entailler la coquille pour laissez plus de chances à cette légumineuse de croître rapidement.

Texas White and Red (2014) 5En effet, on croit souvent qu’une arachide est une noix… erreur! Comme elle origine des régions tropicales, la chaleur et l’humidité demeurent la clé du succès pour la germination. Pour cela, enterrer les graines dans un pot (muni de trous de drainage) avec un mélange humide de compost, peat moss et de vermiculite à raison d’un tiers de mélange chacun. Installez une pellicule plastique sur le dessus du pot et entourez-le d’un élastique. Cela créera un effet de serre lorsque vous déposerez vos pots près d’une source de chaleur ou sur le bord de la fenêtre. La terre doit demeurer humide mais pas détrempée.

Texas White and Red (2014) 4

Dès l’apparition des premières feuilles, enlevez votre plastique. Trop longtemps enfermées, vous risquez de contaminer vos pousses par l’Aspergilus flavu ou aflatoxine, moisissure cancérigène. C’est l’une des raisons qui expliquent la surveillance constantes des autorités gouvernementales pour contrôler la qualité des arachides vendues sur le marché (tant nature, salées qu’en beurre ou contenue dans une foule de produits alimentaires).

Texas White and Red (2014) 3Par la suite, assurez-vous de transplanter vos pousses dans un sol plus sableux et très ensoleillé; milieu qu’elle apprécie davantage. Espacez chacun des plants d’environ 10 cm et 75 cm entre les rangs si vous en plantez beaucoup. Assurez-vous surtout qu’il n’y ait plus de risques de gel au sol; sinon, c’est fatal. Pour les moins grosses productions, faites des bosquets ou de gros pots feront très bien l’affaire. La maturité espérée variera aux alentours de 5 mois ou 110 jours. Arrosez à intervalle régulier avant la floraison mais n’utilisez jamais d’engrais. Cela freinerait la formation des fleurs; donc des arachides.

Texas White and Red (2014)En effet, même si la fleur est hermaphrodite, c’est-à-dire qu’elle continent à la fois les organes mâles et femelles, assurez-vous qu’il n’y ait aucune autre variété à moins de 1,5 km de distance pour conserver le caractère unique de la variété. Lorsque les fleurs apparaîtront, la magie de la nature fait en sorte qu’une fois pollinisées, les gynophores s’enfonceront dans la terre pour produire leurs gousses. Fascinant! Ça émerveille les enfants et nous aussi à chaque fois. En automne, tirez sur le plant jauni et ratatiné puis… TADAM! une grappe de « peanuts ». La prochaine étape consiste à nettoyer votre butin. 

Premièrement, remplir un récipient à moitié jusqu’au trois quarts  d’arachides en suivant cet ordre.
(1) Pulvériser de l’eau,
(2) Brasser
(3) Pulvériser à nouveau
(4) Brasser encore et finalement
(5) Transférer les arachides dans un deuxième récipient vide à l’aide d’une spatule trouée.

Essai 2014 avec une bâche surélevée. Grillage obligatoire contre les chats

Essai 2014 avec une bâche surélevée. Grillage obligatoire contre les chats

Vider l’eau boueuse du premier et répéter l’exercice (étape 1 è 5) avec le deuxième contenant jusqu’à ce que les arachides sont bien rincées. Installer le tout pour quelques jours sur une table pique-nique, un vieux moustiquaire ou toute autre surface où l’air pourra circuler. ATTENTION AUX ÉCUREUILS!!!

Si malheureusement la température joue contre vous, rentrez-les et une surface plastique fera l’affaire. Un ventilateur assurera une bonne aération mais remuez-les à la main une ou deux fois par jour. Sinon, ça pourrait commencer à moisir. Vous remarquerez peut-être rendu à ce moment quelques gousses ratatinées ou lisses et doux au toucher. Éliminez-les car elles sont immatures. Jetez-les au compost. Conservez vos plus beaux spécimens et rangez-les au sec des sacs en filet. Elles se conserveront jusqu’à 4 ans. Rien ne vous empêche de manger les autres.

POUR LES CONSOMMER:
Étendre vos arachides décortiquées sur une plaque à biscuits. Cuire au four à 350 degrés sur la grille du haut pendant 30 à 35 minutes… La cuisson varie selon les goûts. Il est important de noter qu’une plus longue période de temps est requise pour la cuisson si les arachides sont encore dans leur coquille.

Curiosité au potager: le chervis

Le chervis (Sium sisarum L.), aussi connu sous les noms girolle, berle des potagers, chirouis ou en anglais skirret est une plante vivace qu’on consomme pour ses racines comestibles sucrées. Il proviendrait, semblerait-il d’Asie occidentale et centrale. Immigré de l’Allemagne / Russie vers la France au 15e siècle, rien, mis-à-part des écrits du jésuite Louis Nicolas n’en fait échos au début de la colonie française. La plante disparut des radars pendant plusieurs siècles avant de refaire son apparition dans les années 1920 par l’intermédiaire d’une seule compagnie: Dupuy & Ferguson. Et puis après 1930…. plus rien. Disparu! Plus personne n’en vendait au Québec depuis un autre 70 ans. Il faut dire que le légume n’est pas le plus ragoûtant. Le groupe de racines plutôt minces n’indiquent pas nécessairement qu’une fois pelées, elles révéleront un blanc encore plus immaculé. Ça en prend quand même plusieurs pour donner le même rendement qu’une carotte. Donc, un peu plus de travail à la cuisine. C’est peut-être la raison pour laquelle il n’a obtenu aucun succès canadien tant du côté anglophone que francophone. Justement, en 1928, Dupuy & Ferguson mentionnait que:

Les racines de cette plante sont tendres et peu farinacées. On s’en sert de la même manière que le salsifis.

Très rustique (zoné 4), le plant se conserve au jardin tout l’hiver. Pour en obtenir, vous devez semer les graines en automne car elles ont besoin d’une période dormance pour germer. Sinon, stratifier les semences que vous glisserez avec du sable légèrement humide au frigo pendant quelques semaines. Par la suite, déposer dans un sillon peu profond d’une distance de 10 à 15 cm que vous recouvrirez à peine d’un peu de terre. Un petit conseil, la germination des semences demeurent quelque peu erratique, semer davantage pour de meilleurs résultats. Par ailleurs, si vous ne récoltez pas les racines à l’automne (meilleure moment de l’année pour en manger), n’oubliez pas, c’est une biannuelle. Cela veut simplement dire qu’à la 2e année, vous vous retrouverez avec de grandes tiges surmontées d’ombelles prêtes pour la pollinisation et éventuellement, plein de graines. Ne soyez pas surpris… ça attire beaucoup les insectes. Les racines, elles, sont prêtes pour consommation une fois le plant séché. Ne récoltez pas tous les plants car elle se régénèrera et ainsi, vous n’aurez plus à en planter pour le restant de vos jours. Bon à savoir: Tolère les sols humides voire détrempés. Cela demeure selon nous, une autre de ses qualités pour des endroits qui s’égouttent mal ou pour de la permaculture. Ah oui! Pas non plus d’insecte ou de maladie connu. Pas mal pour un légume oublié. Disponible dans notre section pour commander en 2015.

Les 2 premières bibliothèques de semences publiques au Québec

Deanna Kazina (source: /www.naturesummitmb.com)

Deanna Kazina (source: Manitoba nature summit)

En mars 2014, nous avons reçu un courrier électronique de Madame Deanna Kazina. Celle-ci nous informe qu’elle met en branle un projet de conservation de semences ancestrale dont entre autre, la mise sur pied d’une bibliothèque qui permettrait au public en général d’accéder gratuitement à des variétés rares voire en voie d’extinction. Un peu comme un prêt de livres, l’idée consisterait à « emprunter » des graines, les faire pousser et, par la suite remettre une partie des graines récoltées pour les « retourner » là où vous les avez emprunté. Ceci, dans le but de maintenir vivant ce magnifique patrimoine génétique et le rendre à nouveau disponible à d’autres individus.

Originaire de Winnipeg et bachelière en sciences environnementales de l’université Concordia, son expérience de jardinière l’a amené à sauvegarder, entre autre, des semences historiques des Métis au Manitoba durant ces 6 dernières années. Suite à un séjour à Tucson en Arizona à l’automne 2013, où elle a terminé des recherches sur les semences autochtones, cela lui donné l’inspiration de mettre sur pied ce projet unique au Québec, voire en Amérique du Nord.

Chapeauté par Action Communiterre, situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, et avec une subvention de l’initiative Bauta, ce projet s’ajoute à leurs multiples programmes sous l’appellation « Partage semences de Montréal » dont la mission consiste à:

améliorer, maintenir et enseigner l’importance de la biodiversité dans notre système alimentaire locale par la culture, la récolte et par le partage des semences ainsi que comment les conserver pour les plantations futures.

Sous 4 objectifs: (1) Multiplier le nombre de semences des variétés à préserver, (2) Cultiver les plants et récolter les graines, (3) Mettre en place une bibliothèque de semences et (4) Instruire les gens sur la manière de sauvegarder les semences, de nombreux ateliers sur ce dernier point sont prévus cet automne pour les intéressés.

Installés à l’été 2014 dans les Jardins de la Victoire, les jardins du campus Loyola de l’université Concordia et le Jardin Tilleul, plusieurs fruits, légumes, fleurs et fines herbes ont pu être multiplié lors de cette première mouture pour éventuellement être offertes à tous aux deux bibliothèques participantes (Concordia et Atwater) dont l’ouverture est prévue à la fin de l’hiver 2015. Parmi les plantes semées notons:

  • Tomate: Grosse tomate rouge, Brandywine pourpre, Rayé caravane, Mémé de Beauce et Petit Moineau.
  • Maïs: Flint de Gaspé
  • Pois: Saint-Hubert
  • Haricot: Thibodeau de Beauce, Canneberge, Vermont canneberge et Maxibel
  • Amarante de colorant rouge Hopi
  • Courgette: Vert foncé
  • Poivre: Mandarin
  • Melon: Noire des Carmes, de Montréal
  • Concombre: Citron
  • Basilic: de Genovese
  • Fleurs: Calendula Flashback, Tournesol Mexicain et Mélange de capucine joyau
  • Laitue: Lolla Rosa Darkness
  • Coriandre

Nous sommes fiers de leur avoir remis quelques spécimens de notre patrimoine du Québec pour la postérité. Félicitations!!! Pour vous impliquer vous aussi ou pour des renseignements complémentaires, n’hésitez pas à communiquer avec l’instigatrice, Deanna Kazina aux coordonnées suivantes:

Action Communiterre
6244, Sherbrooke ouest
Montréal (Québec)
H4B 1M2
514-484-4277 / 204-813-0806
deanna@actioncommuniterre.qc.ca

Pour en savoir avantage: Consultez le premier rapport d’activités Partage semences Montréal (PDF 120 mo).

 

La tomate Ledoux spécial

Feuillage et fleurs de la tomate Ledoux spécial

Feuillage et fleurs de la tomate Ledoux spécial

L’une des premières choses qu’on a remarqué en faisant pousser cette variété supposément du patrimoine du Québec et ce, bien avant l’apparition des fruits, fût sans contredit son feuillage.

En effet, des feuilles de type « pomme de terre » peuvent nous indiquer un cultivar dont le cycle de production sera court. C’est effectivement le cas avec en général une maturité variant entre 65 et 85 jours. Je sais, il y a quand même un gros écart de temps dans les diverses sources consultées mais disons que chez-nous, vous pourrez espérer en récolter en 75 jours environs; ce qui en fait une tomate de mi-saison.

Tomate Ledoux spécial

Tomate Ledoux spécial

Avec peu de graines, à la chair dense, sucrée, le fruit (entre 100-300gr) saura réjouir les amateurs de sandwichs aux tomates car une tranche suffira d’habitude pour couvrir votre pain. Certains n’aimeront peut-être pas l’insertion du pédoncule creuse (là où la tige se forme) plutôt profonde. Avec des épaules côtelées, ces deux combinaison provoquent parfois des endroits propices où se logent poussière et débris. Cela pouvant même entraîner une mauvaise évaporation de l’eau qui, à la longue noircira les fentes. Mais vous comprendrez qu’à l’époque, le soucis d’apparence n’avait pas autant d’importance qu’aujourd’hui. Il serait donc dommage de vous en priver. Si vous décidez de la cultiver, attendez-vous à en récolter beaucoup. On en a dénombré jusqu’à 20 spécimens sur un seul plant. Un bon gros tuteur de 2 mètres de hauteur s’avère un allié précieux car la plante peut s’élever jusqu’à 200cm et s’affaisser rapidement au sol à cause de son poids suite à un brusque coup de vent.

Il est pertinent finalement de noter qu’un fruit mûr demeurera sur le plant et ne tombera pas par terre et ce, même pourrie. Bien oui, on fait toutes sortes d’expériences avec nos fruits et légumes.

Si vous connaissez davantage son historique, nous vous serions reconnaissant de la partager avec nous.

En effet, il n’y a rien (et ce n’est pas faute d’avoir cherché) qui explique sa provenance. Outre la mention de son origine québécois, rien d’autre. Et comme on est curieux, vos anecdotes seront toujours appréciées.

Le jardin forestier d’Annie et Jules

Noix du noyer noir

Fruits du noyer noir. La noix est entourée d’un brou qu’on doit enlever avant de l’atteindre.

Le 19 août 2014, ma conjointe Véronique me fit une invitation bien particulière à l’heure du souper.

En effet, dans le cadre de son travail de journaliste, celle-ci visita lors de cette journée un couple septuagénaire fort chaleureux pour un sujet sans lien direct avec cet article. Pour préserver leur désir de confidentialité, leur nom de famille et leur localisation géographique ont été volontairement préservés. À la fin de leur entretien, le mari invite Véronique à lui montrer ses arbres dont il est très fier. Sans qu’il sache son intérêt personnel pour le sujet, elle se rend vite compte de la richesse et de la biodiversité spectaculaire présent sur ce terrain de ville, eux qui y résident depuis les années 1950. Aussitôt, elle leur demande si elle peut m’inviter à voir ce coin de paradis; ce qu’ils acceptèrent avec joie.

Pommiers colonnaires cultivés depuis déjà une trentaine d'années.

Pommiers colonnaires cultivés depuis déjà une trentaine d’années.

Je suis donc deux jours plus tard entouré de tulipier, érable drummondii, amélanchier, ginko biloba, cognacier, charme de Caroline, métaséquoia, maackia, robinier, katsura, hop tree, platane, bambou 3 couleurs, etc… Et ce, sans compter une série d’arbres fruitiers notamment, pour n’en citer que quelques-uns, sureaux, pommiers colonnaires, pruniers, cerisier de France et même un figuier dont j’ai pu goûter le fruit mûr à point… un pur délice. Sans compter le potager rempli de lanternes chinoises, framboisiers, asperges, betteraves et autres denrées s’intégrant à cet univers végétal.

Une feuille de maackia. Pas facile à ramasser à l'automne car elles tombent toutes en même temps et prennent beaucoup de place.

Une feuille de maackia. Pas facile à ramasser à l’automne car elles tombent toutes en même temps et prennent beaucoup de place.

Au fil du temps, ils ont planté et expérimenté toutes une série de plantes et d’arbres peu connues des gens « ordinaires ». J’utilise cet adjectif car bien que je sois un amateur de fruits et légumes anciens, je me suis senti rapidement dépassé. On est loin de la haie de cèdre et même là, l’originalité à laissé sa place à une haie en palissade conçue avec un pommetier. Jules nous raconta que cette passion s’est transformée au point où il tente toutes sortes d’expériences de transplantation et de reproduction par semences depuis belle lurette. Durant notre conversation, j’apprends qu’il a même aidé le Ministère de l’agriculture du Québec dans les années 2000 dans la production de noyers noirs.

Pommetier produisant des pommettes miniatures établi comme haie. Celle-ci doit être taillée régulièrement car elle croît très vite.

Pommetier produisant des pommettes miniatures établi comme haie. Celle-ci doit être taillée régulièrement car le style « palissade » fait en sorte qu’elle croît très vite.

En effet, propriétaire d’une terre à bois, il y planta, il y a 30 ans, près de 1000 individus. Après une série d’essais-erreurs, il pu apprendre la manière d’en reproduire à l’aide des graines. Une anecdote intéressante de Jules nous rappela qu’à l’époque de la 2e guerre mondiale, le noyer noir a été coupé de manière abusive pour produire les crosses des fusils des soldats. Cela fit en sorte que l’espèce a pratiquement disparu au Québec. Pour le réintroduire sur ses terres, il fit un détour dans les forêts américaines dans les années 1980, aux limites de la frontière des États-Unis pour rapporter une énorme cargaison de noix. Le fruit comestible s’avère riche en protéine et mériterait à coup sûr une attention de notre part pour ceux et celles désireux joindre l’utile à l’agréable soit planter un arbre d’ombre et produire des aliments.

Même s'il grandi dans les zones tempérés, Jules est parvenu a cultiver un métaséquoia, dernière espèce de l'ère du Pilocène... Ça veut dire que c'est très vieux.

Même s’il grandi dans les zones tempérées, Jules est parvenu a cultiver un métaséquoia, dernière espèce de l’ère du Pilocène… Ça veut dire que c’est très vieux.

Quoi qu’il en soit, soyez assurés que les écureuils aussi se feront une joie de vous en départir. Jules nous montra justement le trou laissé par l’animal dans un fruit aussi dure qu’une roche. Il se remémora aussi les efforts gâchés par ces petites bêtes lorsqu’ils déterrèrent la majorité de ses noix plantés en forêt. Pour l’extirper la semences, notre homme s’est confectionné lui-même un outil permettant une extraction plus facile car, selon ses dires, le marteau s’avère inefficace et on risque de se blesser.

Après 2 heures et demi de conversation, le couple nous invite à prendre un rafraîchissement. Jules nous montre une de ses récentes réalisations: un camion de style antique confectionné avec toutes les essences de bois cultivé. Sa création lui aura demandé 10 ans. Y’a pas à dire… y’en a qui sont patients. Si vous agrandissez la photo, vous remarquerez qu’il a intégré dans la boîte du camion une grande variété de noix et graines des arbres qu’il affectionne.

Merci à vous deux pour cette leçon d’inspiration. Le plant de ginko biloba offert en cadeau trouvera une place de choix dans notre jardin qui, je l’espère saura se rapprocher de l’esprit qui a animé ses donateurs et inspirer nos lecteurs à créer eux aussi leur coin de paradis.

Camion de multiples essences de bois

Gagnante de notre concours été 2014

Nous tenons à féliciter Madame Marion Fellay, gagnante de notre concours estival 2014. Cette dernière s’est méritée une variété de haricot Grand-maman Dinel, issue de notre patrimoine agricole québécois. Merci aussi à tous les participants et participantes. Vous êtes à chaque fois de plus en plus nombreux. On se rend compte aussi qu’il est difficile de vous en passer une vite…. grâce à Internet.

En effet, pour les curieux, notre question s’articulait ainsi:

Je suis composé de thym, verveine, myrte et marjolaine.
Un fois séché, je suis réduite en fine poudre et passée au tamis.
On m’insère dans un petit baluchon de tissus qu’on suspendra au cou pour le soir du bal de la Saint-Jean et ceci afin d’envouter l’élu(e) de son cœur. Qui suis-je?

Fête de la Saint-Jean

Tous ceux ayant répondu « poudre de badinage » auront visé dans le mille.

À l’époque, la croyance voulait qu’à la Saint-Jean, les plantes atteignaient l’apogée de leur force au solstice d’été; puisant dans la terre toute l’énergie dont elles avaient besoin. C’était le moment de les récolter pour en concocter toutes sortes de potions ou de mélanges. Sept plantes se distinguaient par leur caractère sacré: la sauge, la marguerite, l’armoise, le lierre terrestre, la joubarbe, le millepertuis et le millefeuille. Parmi ces rituels, la poudre de badinage ne faisait pas exception et pour la cause, on suggérait de cueillir les ingrédients avec « le cœur aussi frais que les mains ». La magie opérait davantage si nous étions dans une période amoureuse. Après la cueillette, on sèche les ingrédients, réduit le tout en poudre pour passer la composition au tamis. Dans un petit baluchon porté au cou le soir d’une soirée, certains en renifleront les effluves tandis que d’autres tenterons de le faire sentir è l’élu(e) pour qu’il tombe en pamoison.

 

Encore une fois, merci de votre participation.

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