Concours pour la fin de l’année 2014

Concours fin 2014À tous nos lectrices et lecteurs, nous souhaitons vous dire combien il nous fait plaisir de vous transmettre nos meilleurs voeux pour cette période de réjouissances et surtout, de l’abondance dans tout. Pour bien savourer ce temps de l’année, nous prendrons un temps de repos.

En fait, ça nous laissera le temps de remettre à jour certains liens défectueux et quelques articles en y ajoutant des photos prises cet été. Comme à notre habitude, nous vous laissons avec un petit concours.

Notre question: Sauriez-vous reconnaître cette plante oubliée ancienne? (voir photographie ci-contre). Vous pouvez cliquer sur l’image pour une meilleure résolution.

Il n’est pas nécessaire d’avoir la bonne réponse mais simplement de participer. La gagnante ou le gagnant pourra choisir parmi les « petites semences » de notre catalogue incluant les nouveautés de 2015 qui seront inscrites en début d’année dans notre section « pour commander ».

Envoyez donc votre réponse ainsi que votre nom à l’adresse suivante: potagersdantan@hotmail.com. Les courriers électroniques reçus non gagnants seront détruits aussitôt l’acceptation du prix par la ou le récipiendaire. Nous ne vendons ni ne participons à aucun échange d’adresses électroniques. Le nom de la personne gagnante, à moins d’un refus de sa part, sera mentionné avec la vraie réponse  dans  un prochain article. Il n’y a pas de restrictions géographiques et le tirage se fera au sort parmi les réponses reçues. Vous avez jusqu’au samedi 03 janvier 2015. Le tirage se fera dès le lendemain. On vous dit bonne chance. Nous reviendrons vers la fin janvier 2015.

Pas d’austérité pour le prix des semences.

J’ai consulté récemment quelques catalogues de semences de la cuvée 2015 de grandes compagnies québécoises. Ça faisait très longtemps qu’il ne m’avait été donné l’opportunité d’en regarder. Pour ma part, mes meilleurs catalogues demeurent les cours arrières des maisons. Les échanges sont extraordinaires et pas mal plus valorisants. Je me plaît à dire qu’il n’y a pas aucun autre endroit pour dénicher des perles rares du patrimoine.

Par contre, j’aime quand même me tenir à jour des tendances.

Toutefois, j’ai sursauté en voyant le prix d’un petit sachet de 10 graines de tomate à $6.99 et ce, sans compter les taxes, les frais d’envoi et une « assurance » pour le remplacement en cas de commande perdue ou endommagée. Un grand total approximatif de $1,50 pour une graine. Scandaleux! C’est le prix d’une demie douzaine d’œufs. Pour ce montant, je m’attends à un taux minimum de germination de 100%, sinon c’est carrément du vol. Mais encore là, aucune garantie ni détail sur le sujet dans le livret. Ça prend la foi et surtout pas manquer son coup.

Évidemment, il y possibilité de baisser le coût unitaire en bénéficiant d’un rabais avec un panier d’achat de plus de 50.00$, choisir des cultivars moins onéreux et malheureusement trop rares (ex: $ 2.99 pour 80 graines) mais en bout du compte, votre petite graine reviendrait quand même à presque $0,50 chacune. Encore AYOYE! Je me suis alors amusé à comparer le prix d’une même compagnie avec un de ses anciens catalogues de 1954. Ceci, pour comprendre l’évolution de la hausse inflationniste de ce produit. Par exemple, en 1954-1955, pour les graines de tomates, on affichait les prix et les quantités suivantes (avec en plus des frais postaux de $0.10 pour chaque commande d’une livre et moins sur tout le territoire du Québec):

1 paquet (1/4 once ou 7 grammes): $0.15
1/2 once ou 14 grammes: $0.40
1 once 28 grammes: $0.70
1/4 livre ou 113 grammes : $1.25
1/2 livre ou 226 grammes : $4.00
1 livre ou 453 grammes : $ 12.00

Pour les avoir pesé, il est important de préciser qu’une once équivaut à beaucoup, beaucoup, beaucoup de graines de tomates. J’aurai aussi aimé trouver une variété identique mais avouons-le, il n’y a plus aucun cultivar de l’époque encore vendu dans les collections actuelles. Et inutile de se pâme devant l’appellation « semence du patrimoine » des gros vendeurs comme cœur de bœuf qu’on retrouve partout.

Bref, selon la feuille de calcul de l’inflation de la banque du Canada, un sachet de $0.15 devrait équivaloir à $1.33 en monnaie de 2014 et cela, en tenant compte de l’inflation annuelle et de la dépréciation du dollar depuis 60 ans. Une différence de $5.66 ($6.99 – $1.33).

C’est donc dire qu’en six décennies, vous aurez eu une augmentation réelle annuelle d’environ 6.5% avec en prime (sarcasme ici!) moins de graines. Je comprends  maintenant le commentaire d’un de nos lecteurs qui, un jour, nous avait fait la remarque qu’il n’avait pas l’impression d’avoir « affaire à un vendeur de graines ». Remarque qu’il avait précisé en ajoutant qu’il se sentait souvent floué par les grosses compagnies désireuses de faire du profit avant tout.

Néanmoins, nous comprenons tout à fait les raisons démontrant la logique d’un tel prix (coût de la main-d’œuvre, recherche, équipements à amortir, publicité, marge de profit, etc.). Mais en cette période d’austérité économique québécoise, je continuerai à visiter les cours arrières et encourager les petits producteurs, moins gourmands. Pour les curieux, nous en avons dressé toute une liste de références (québécoises et canadiennes) sur notre page d’accueil. Soyez indulgents car quelques liens ne s’activent plus. Nous plancherons là-dessus durant la période des fêtes.

 

Carte postale de novembre 2014

Je l’avoue, je jardine très tard en automne. Pas d’insecte, de chaleur accablante, de mauvaises herbes à arracher. Je plante, transplante, prépare le sol, couvre certaines vivaces, etc. Ça prend ça pour qu’en mai mon jardin soit déjà luxuriant. Samedi dernier, après le coucher du soleil, j’entre dans la maison en disant à tous: « c’est fini pour cette année! ». Avec pour résultat un concert d’applaudissements car je devenais du même coup un papa très disponible pour les prochains mois.

En effet, l’hiver québécois c’est long et pour le couper en deux, plusieurs songent à un voyage dans le Sud.

Ça m’a d’ailleurs fait penser au frère Marie-Victorin (1885-1944), grand voyageur.  Combien en a t-il fait? Je l’ignore mais j’ai pu retracer certaines images dignes des histoires de Tintin. Je vous en propose quelques-unes.

Marie-Victorin et le professeur Francis Ernest Lloyd à Carmel en Californie (1938)

Marie-Victorin et le professeur Francis Ernest Lloyd à Carmel en Californie (1938)

De Mombasa, j’embarque avec mon ami Lloyd (de McGill) pour le port Sudan sur la mer rouge.

En 1929, les deux botanistes (Marie-Victorin et Lloyd) sont délégués à un congrès en Afrique du Sud. Ils visitent les plus beaux jardins botaniques et musées d’histoire naturelle sur trois continents. Le frère reviendra convaincu que si les Îles Canaries ont leur jardin botanique, Montréal doit absolument avoir le sien.

Marie Victorin au Caire (1929)

Marie Victorin au Caire (1929)

De fait, la construction du Jardin Botanique l’épuise et il obtient la permission de ses supérieurs d’aller se reposer durant les mois d’hiver. À partir de 1938, il séjourne 7 fois à Cuba. Il est accueilli par le frère Léon avec qui il correspond et échange des spécimens depuis 1907.

Venu de Montréal à Miami par voie aérienne, j’arrive aujourd’hui par ce beau dimanche à l’aéroport de la Havane. Mes deux collègues, Frère Léon et J-P. Carabia sont là pour me recevoir …

Marie-Victorin à Cuba (vers 1938)

Marie-Victorin à Cuba (vers 1938)

Décidément ce frère sort de l’ordinaire pour l’époque avec ses publications, ses recherches, son théâtre. Sa santé chancelante lui procure des dispenses de la part de ses supérieurs. Ses succès et privilèges aliment la jalousie interne. Certains y voient des préférences, des extravagances qui ne devraient pas être accordés à un des leurs. Ceci n’est pas de l’apostolat, dit-on. Il s’en défend:

Il y a beaucoup de demeures dans la maison du père.

Il affirmera plus tard que de toutes les épreuves qu’il a subies, celle-ci fût la plus pénible.

Pour les gens désireux de mieux connaître cet homme et toute sa contribution, n’hésitez pas à visiter le parc Marie-Victorin conçu à son honneur à Kinsey Falls, son lieu de naissance.

Dernière photo connue du frère Marie-Victorin (1944)

Dernière photo connue du frère Marie-Victorin (1944)

 

La guerre des graines

La guerre des graines

L’éducation est une des clés pour permettre une conscientisation du monde qui nous entoure. Parmi celles-ci il y a des confrontation souvent invisibles mais combien significatives qui, sans qu’on s’en aperçoive bouleverseront nos vies. Par exemple, les semences sont-elles une marchandise ou un bien commun de l’humanité au même titre que l’air ou l’eau? Saviez-vous qu’un peu partout dans le monde et ce, dans un avenir proche, les agriculteurs ne pourront peut-être même plus avoir le droit d’utiliser leurs propres graines. En Europe, une loi se met en branle pour contrôler l’utilisation des semences agricoles. Derrière tout ça, 5 grandes multinationales qui possèdent à elles seules la moitié du marché des graines et cherchent à étendre cette privatisation.

Nous vous présentons un film documentaire d’une heure de Stenka Quillet et Clément Montfort intitulé « La guerre des graines » diffusé le 27 mai sur FR5. De Bruxelles, l’Inde, la France en passant par l’Île de Spitzberg, voyez cette œuvre qui met en lumière une menace grandissante qui pourrait complètement éliminer notre souveraineté alimentaire et toucher plus d’un milliard d’agriculteurs dans le monde, même ici au Québec. Pour ceux qui en douterait, consultez notre article intitulé le projet de loi C-18 du gouvernement fédéral canadien écrit en mars 2014.

 

 

La pomme Belley

Pomme Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Pomme Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Des pommiers résistants à l’Île Nepawa en Abitibi. Qui eut cru qu’une pomme pouvait pousser et surtout survivre si loin au nord du Québec.

Thomas Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Thomas Belley (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Au départ, nul ne laissait présager qu’un environnement aussi inhospitalier (-30 degrés) puisse accueillir un pommier. C’est peut-être même le hasard qui a poussé Thomas Belley à planter en 1945 cette variété dont on a perdu le nom. En venant s’y installer dans les années 1930-1940, soit durant  la période de colonisation, le foin semble avoir été la seule récolte qui eut été faite sur l’île. Il est d’autant plus surprenant que ce pommier produisant de toutes petites pommes ait pu survivre près de 30 ans, une survie qu’on estime dû au micro climat créé par le lac entourant l’île. Mais c’est cette petite pomme produisant une purée rose qui a séduit Pierre Drapeau lorsqu’il s’établi sur les terres de Monsieur Belley à la fin des années 1970.

Pierre Drapeau (source: Radio-Canada / La semaine verte)

Pierre Drapeau (source: Radio-Canada / La semaine verte)

De fait, il a commencé à rêver à un verger nordique vers la fin des années 1970 après avoir constaté qu’il était possible pour lui de faire pousser ce fruit. Il est probablement aujourd’hui le propriétaire du verger le plus au nord du Québec. Et les septiques auront été confondus. Par exemple, en 2006 il cultivait au moins 10 variétés de pommes et de prunes résistantes développées dans l’Ouest du Canada, de la Russie et celle-ci nommée en l’honneur du premier occupant du terrain. L’arbre-mère n’existe plus mais c’est grâce à lui si la variété a survécu et ce, en greffant des branches à de jeunes pommiers poussant sur son terrain.

Pierre Drapeau avec un pommier greffé de la variété Belley(source: www.terroiretsaveurs.com)

Pierre Drapeau avec un pommier greffé de la variété Belley(source: http://www.terroiretsaveurs.com)

Il se désole d’ailleurs de la perte éventuelle de ce patrimoine génétique extraordinaire. Sans personne pour prendre la relève, toutes ses connaissances acquises depuis ces 40 dernières années se retrouvent dans sa tête. Peut-être qu’un jour il écrira ses mémoires!! Qui sait!! Ce serait un beau legs à l’humanité. Pour les intéressés, depuis 2001, le verger est ouvert au public et les groupes.

La sculpture culinaire

Il existe de nombreuses manières de rendre un fruit ou un légume encore plus attrayant. Ne mange t-on pas avec les yeux avant la bouche? Il est très clair pour nous qu’une assiette aguichante met en appétit. Les revues gastronomiques et les livres traitant du sujet l’ont compris en publiant des pages couvertures des plus attirantes.

Par ailleurs, la sculpture culinaire amène l’art de la cuisine à une échelle encore plus élevée. Un simple petit radis se transformera en bouton floral, un melon en récipient pour salade de fruits, un chou en publicité tape-à-l’oeil, etc. L’Institut de la sculpture culinaire de Montréal pourra vous initier mais dites-vous que le phénomène dépasse largement nos frontières avec des concours tels le championnat européen de sculpture.

Pour le thème de l’Halloween, nous avons cru de circonstances vous montrer quelques réalisations de l’artiste Dimitri Tsykalov (1963-…). Russe d’origine, il vit maintenant à Paris mais travaille un peu partout dans le monde. Ses œuvres sculptées à partir de fruits ou légumes sont d’un réalismes impressionnant mais dites-vous que toutes ses installations ne sont pas pour tout le monde. Ma conjointe ayant frayé avec le monde de l’art contemporain dans une autre vie vous dirait qu’elles pourraient même choquer.  Joyeuse Halloween!!!

Source: oddstuffmagazine.com

Crânes sculptés dans des melons (Source: oddstuffmagazine.com)

 

Source: randommization.com

Sculpture d’un crâne avec un chou (Source: randommization.com)

Source: randommization.com

Sculpture d’un crâne avec une pomme (Source: randommization.com)

 

Source: randommization.com

Sculpture d’un crâne avec une aubergine (Source: randommization.com)

 

 

 

Comment produire et conserver vos semences d’arachide

Magot d'arachides

Voici un beau projet facile à faire avec vos jeunes enfants. Prévoyez pour les régions nordiques comme le Québec, planter vos semences à l’intérieur 5 semaines avant la date du dernier gel au sol. Pour cela, entailler la coquille pour laissez plus de chances à cette légumineuse de croître rapidement.

Texas White and Red (2014) 5En effet, on croit souvent qu’une arachide est une noix… erreur! Comme elle origine des régions tropicales, la chaleur et l’humidité demeurent la clé du succès pour la germination. Pour cela, enterrer les graines dans un pot (muni de trous de drainage) avec un mélange humide de compost, peat moss et de vermiculite à raison d’un tiers de mélange chacun. Installez une pellicule plastique sur le dessus du pot et entourez-le d’un élastique. Cela créera un effet de serre lorsque vous déposerez vos pots près d’une source de chaleur ou sur le bord de la fenêtre. La terre doit demeurer humide mais pas détrempée.

Texas White and Red (2014) 4

Dès l’apparition des premières feuilles, enlevez votre plastique. Trop longtemps enfermées, vous risquez de contaminer vos pousses par l’Aspergilus flavu ou aflatoxine, moisissure cancérigène. C’est l’une des raisons qui expliquent la surveillance constantes des autorités gouvernementales pour contrôler la qualité des arachides vendues sur le marché (tant nature, salées qu’en beurre ou contenue dans une foule de produits alimentaires).

Texas White and Red (2014) 3Par la suite, assurez-vous de transplanter vos pousses dans un sol plus sableux et très ensoleillé; milieu qu’elle apprécie davantage. Espacez chacun des plants d’environ 10 cm et 75 cm entre les rangs si vous en plantez beaucoup. Assurez-vous surtout qu’il n’y ait plus de risques de gel au sol; sinon, c’est fatal. Pour les moins grosses productions, faites des bosquets ou de gros pots feront très bien l’affaire. La maturité espérée variera aux alentours de 5 mois ou 110 jours. Arrosez à intervalle régulier avant la floraison mais n’utilisez jamais d’engrais. Cela freinerait la formation des fleurs; donc des arachides.

Texas White and Red (2014)En effet, même si la fleur est hermaphrodite, c’est-à-dire qu’elle continent à la fois les organes mâles et femelles, assurez-vous qu’il n’y ait aucune autre variété à moins de 1,5 km de distance pour conserver le caractère unique de la variété. Lorsque les fleurs apparaîtront, la magie de la nature fait en sorte qu’une fois pollinisées, les gynophores s’enfonceront dans la terre pour produire leurs gousses. Fascinant! Ça émerveille les enfants et nous aussi à chaque fois. En automne, tirez sur le plant jauni et ratatiné puis… TADAM! une grappe de « peanuts ». La prochaine étape consiste à nettoyer votre butin. 

Premièrement, remplir un récipient à moitié jusqu’au trois quarts  d’arachides en suivant cet ordre.
(1) Pulvériser de l’eau,
(2) Brasser
(3) Pulvériser à nouveau
(4) Brasser encore et finalement
(5) Transférer les arachides dans un deuxième récipient vide à l’aide d’une spatule trouée.

Essai 2014 avec une bâche surélevée. Grillage obligatoire contre les chats

Essai 2014 avec une bâche surélevée. Grillage obligatoire contre les chats

Vider l’eau boueuse du premier et répéter l’exercice (étape 1 è 5) avec le deuxième contenant jusqu’à ce que les arachides sont bien rincées. Installer le tout pour quelques jours sur une table pique-nique, un vieux moustiquaire ou toute autre surface où l’air pourra circuler. ATTENTION AUX ÉCUREUILS!!!

Si malheureusement la température joue contre vous, rentrez-les et une surface plastique fera l’affaire. Un ventilateur assurera une bonne aération mais remuez-les à la main une ou deux fois par jour. Sinon, ça pourrait commencer à moisir. Vous remarquerez peut-être rendu à ce moment quelques gousses ratatinées ou lisses et doux au toucher. Éliminez-les car elles sont immatures. Jetez-les au compost. Conservez vos plus beaux spécimens et rangez-les au sec des sacs en filet. Elles se conserveront jusqu’à 4 ans. Rien ne vous empêche de manger les autres.

POUR LES CONSOMMER:
Étendre vos arachides décortiquées sur une plaque à biscuits. Cuire au four à 350 degrés sur la grille du haut pendant 30 à 35 minutes… La cuisson varie selon les goûts. Il est important de noter qu’une plus longue période de temps est requise pour la cuisson si les arachides sont encore dans leur coquille.

Curiosité au potager: le chervis

Le chervis (Sium sisarum L.), aussi connu sous les noms girolle, berle des potagers, chirouis ou en anglais skirret est une plante vivace qu’on consomme pour ses racines comestibles sucrées. Il proviendrait, semblerait-il d’Asie occidentale et centrale. Immigré de l’Allemagne / Russie vers la France au 15e siècle, rien, mis-à-part des écrits du jésuite Louis Nicolas n’en fait échos au début de la colonie française. La plante disparut des radars pendant plusieurs siècles avant de refaire son apparition dans les années 1920 par l’intermédiaire d’une seule compagnie: Dupuy & Ferguson. Et puis après 1930…. plus rien. Disparu! Plus personne n’en vendait au Québec depuis un autre 70 ans. Il faut dire que le légume n’est pas le plus ragoûtant. Le groupe de racines plutôt minces n’indiquent pas nécessairement qu’une fois pelées, elles révéleront un blanc encore plus immaculé. Ça en prend quand même plusieurs pour donner le même rendement qu’une carotte. Donc, un peu plus de travail à la cuisine. C’est peut-être la raison pour laquelle il n’a obtenu aucun succès canadien tant du côté anglophone que francophone. Justement, en 1928, Dupuy & Ferguson mentionnait que:

Les racines de cette plante sont tendres et peu farinacées. On s’en sert de la même manière que le salsifis.

Très rustique (zoné 4), le plant se conserve au jardin tout l’hiver. Pour en obtenir, vous devez semer les graines en automne car elles ont besoin d’une période dormance pour germer. Sinon, stratifier les semences que vous glisserez avec du sable légèrement humide au frigo pendant quelques semaines. Par la suite, déposer dans un sillon peu profond d’une distance de 10 à 15 cm que vous recouvrirez à peine d’un peu de terre. Un petit conseil, la germination des semences demeurent quelque peu erratique, semer davantage pour de meilleurs résultats. Par ailleurs, si vous ne récoltez pas les racines à l’automne (meilleure moment de l’année pour en manger), n’oubliez pas, c’est une biannuelle. Cela veut simplement dire qu’à la 2e année, vous vous retrouverez avec de grandes tiges surmontées d’ombelles prêtes pour la pollinisation et éventuellement, plein de graines. Ne soyez pas surpris… ça attire beaucoup les insectes. Les racines, elles, sont prêtes pour consommation une fois le plant séché. Ne récoltez pas tous les plants car elle se régénèrera et ainsi, vous n’aurez plus à en planter pour le restant de vos jours. Bon à savoir: Tolère les sols humides voire détrempés. Cela demeure selon nous, une autre de ses qualités pour des endroits qui s’égouttent mal ou pour de la permaculture. Ah oui! Pas non plus d’insecte ou de maladie connu. Pas mal pour un légume oublié. Disponible dans notre section pour commander en 2015.

Les 2 premières bibliothèques de semences publiques au Québec

Deanna Kazina (source: /www.naturesummitmb.com)

Deanna Kazina (source: Manitoba nature summit)

En mars 2014, nous avons reçu un courrier électronique de Madame Deanna Kazina. Celle-ci nous informe qu’elle met en branle un projet de conservation de semences ancestrale dont entre autre, la mise sur pied d’une bibliothèque qui permettrait au public en général d’accéder gratuitement à des variétés rares voire en voie d’extinction. Un peu comme un prêt de livres, l’idée consisterait à « emprunter » des graines, les faire pousser et, par la suite remettre une partie des graines récoltées pour les « retourner » là où vous les avez emprunté. Ceci, dans le but de maintenir vivant ce magnifique patrimoine génétique et le rendre à nouveau disponible à d’autres individus.

Originaire de Winnipeg et bachelière en sciences environnementales de l’université Concordia, son expérience de jardinière l’a amené à sauvegarder, entre autre, des semences historiques des Métis au Manitoba durant ces 6 dernières années. Suite à un séjour à Tucson en Arizona à l’automne 2013, où elle a terminé des recherches sur les semences autochtones, cela lui donné l’inspiration de mettre sur pied ce projet unique au Québec, voire en Amérique du Nord.

Chapeauté par Action Communiterre, situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, et avec une subvention de l’initiative Bauta, ce projet s’ajoute à leurs multiples programmes sous l’appellation « Partage semences de Montréal » dont la mission consiste à:

améliorer, maintenir et enseigner l’importance de la biodiversité dans notre système alimentaire locale par la culture, la récolte et par le partage des semences ainsi que comment les conserver pour les plantations futures.

Sous 4 objectifs: (1) Multiplier le nombre de semences des variétés à préserver, (2) Cultiver les plants et récolter les graines, (3) Mettre en place une bibliothèque de semences et (4) Instruire les gens sur la manière de sauvegarder les semences, de nombreux ateliers sur ce dernier point sont prévus cet automne pour les intéressés.

Installés à l’été 2014 dans les Jardins de la Victoire, les jardins du campus Loyola de l’université Concordia et le Jardin Tilleul, plusieurs fruits, légumes, fleurs et fines herbes ont pu être multiplié lors de cette première mouture pour éventuellement être offertes à tous aux deux bibliothèques participantes (Concordia et Atwater) dont l’ouverture est prévue à la fin de l’hiver 2015. Parmi les plantes semées notons:

  • Tomate: Grosse tomate rouge, Brandywine pourpre, Rayé caravane, Mémé de Beauce et Petit Moineau.
  • Maïs: Flint de Gaspé
  • Pois: Saint-Hubert
  • Haricot: Thibodeau de Beauce, Canneberge, Vermont canneberge et Maxibel
  • Amarante de colorant rouge Hopi
  • Courgette: Vert foncé
  • Poivre: Mandarin
  • Melon: Noire des Carmes, de Montréal
  • Concombre: Citron
  • Basilic: de Genovese
  • Fleurs: Calendula Flashback, Tournesol Mexicain et Mélange de capucine joyau
  • Laitue: Lolla Rosa Darkness
  • Coriandre

Nous sommes fiers de leur avoir remis quelques spécimens de notre patrimoine du Québec pour la postérité. Félicitations!!! Pour vous impliquer vous aussi ou pour des renseignements complémentaires, n’hésitez pas à communiquer avec l’instigatrice, Deanna Kazina aux coordonnées suivantes:

Action Communiterre
6244, Sherbrooke ouest
Montréal (Québec)
H4B 1M2
514-484-4277 / 204-813-0806
deanna@actioncommuniterre.qc.ca

Pour en savoir avantage: Consultez le premier rapport d’activités Partage semences Montréal (PDF 120 mo).

 

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