La fête des récoltes du Fort Chambly

Pour la dernière journée de leur calendrier 2016, le Fort Chambly m’a gentiment invité à participer à leur fête des récoltes. Dans la cour intérieure du bâtiment, il me fera plaisir de vous entretenir, beau temps mauvais temps, des variétés ancestrales du Québec mais aussi, si le coeur vous en dit, vous raconter des anecdotes sur ce magnifique patrimoine et échanger avec vous. Une foule d’activités vous seront présentées durant cette journée (entre 11:00 et 16:00). J’en profiterai, entre autre, pour amener des spécimens de notre propre jardin potager… et pas les plus petits.

Par la même occasion, si vous croyez être en possession d’anciennes variétés cultivées, par exemple, par vos parents ou grand-parents, n’hésitez pas à les amener (semences, photos, témoignages, légumes, fruits, etc.)… ça m’intéresse beaucoup. Qui sait, ce sera peut-être vous qui allez me raconter des histoires passionnantes.

C’est donc un rendez-vous ce dimanche 02 octobre 2016.

Carte postale de septembre 2016

concours-horticole-1914

Je ne sais pas pour vous mais chez-nous, c’est le temps des récoltes.

Il y a déjà une centaine d’années, les jardiniers amateurs de partout au Québec se faisaient une fierté de s’inscrire et d’exposer les plus beaux spécimens de leur jardin lors de multiples concours horticoles de leur région. Ils y participaient en grand nombre et ces activités se voyaient courues et reconnues par la population. Ces espaces devenaient du même coup une vitrine unique pour les compagnies de semences pour publiciser la qualité de leurs produits; surtout si leurs clients raflaient des prix par le biais de leurs marchandises. Les notes de remerciements des gagnants pour l’excellence des semences envoyées se voyaient très souvent inscrites dans les éditions ultérieures du catalogue juste vis-à-vis les catégories de fruits et légumes où les prix avaient été remportés.

Aujourd’hui, il reste peu de concours de ce type par une absence de plus en plus marqué de participants mais aussi par un désintéressement du public. Rien de divertissant devant une belle carotte ou un gros chou-fleur comparativement à un tir de tracteur, n’est-ce pas! Ce n’est peut-être pas pour rien si cette catégorie se voit reléguée dans un coin vide des grosses expositions agricoles, presque à l’abris des regards. On remarque également que les prix décernés reviennent souvent aux mêmes, trop peu nombreux. Non pas qu’ils aient une main plus verte que celles des autres mais parce qu’il n’y a aucune relève. Peut-on appeler encore cela une compétition? Lors d’une discussion avec l’un des gagnants de l’une d’entre elle, celui-ci m’a confié qu’il ne restait que lui et sa vieille tante pour envoyer sa candidature.

Les jeunes n’ont aucun intérêt; tant agriculteur professionnel que jardinier amateur, expliqua t-il.

Que se passera t-il lorsque la vieille tante ne sera plus en mesure de participer? Ne restera bientôt uniquement que ces photographies comme souvenirs.

Un million de fois merci!

Cette semaine, j’ai vu le chiffre magique de « 1 million de visites » inscrit au compteur de fréquentation statistiques de ce blogue. Jamais je n’aurai espéré atteindre ce sommet et cela, grâce à vous.

En effet, en décidant de traiter du monde méconnu des variétés ancestrales du Québec en 2010, j’avais un vague sentiment qu’un tel sujet n’intéresserait probablement personne sinon quelques passionnés comme moi. Et bien, je me suis gouré sur toute la ligne.

De fait, vous êtes aujourd’hui près de 800 personnes qui fréquentent quotidiennement le site; à mon plus grand plaisir. Et cette assistance ne cesse d’augmenter à chaque année. Vos commentaires me font toujours autant plaisir et je tentes du mieux que je peux, avec mes disponibilités et mes connaissances limitées du monde des médias sociaux, de vous répondre. Les gens sont souvent surpris de recevoir un appel téléphonique ou un long message sur leur courriel privé, suite à leur demande, en croyant qu’au bout du clavier, il n’y a personne.

Et oui! Vous êtes plus de 500 abonnés inscrits afins de recevoir mes « brefs articles » quasi-hebdomadaires et plus de 2000 amis Facebook. Et ça monte… ça monte. C’est à des lieux de mes attentes initiales. Que dis-je à une stratosphère de distance. J’en verse même une larme en me relisant. Que voulez-vous, je suis un émotif. Je ne peux qu’exprimer ma réelle gratitude en mon nom personnel et celui de ma petite famille de nous laisser entrer dans vos boîtes aux lettres virtuelles. Et, à l’occasion, dans vos boîtes aux lettres postales. Car plusieurs d’entre vous avez choisi, comme moi, de continuer à préserver notre merveilleux patrimoine agroalimentaire québécois une semence à la fois. Un million de fois merci!

La tomate Petit moineau (mise à jour)

Tomate Petit Moineau

Tomate Petit Moineau

Il y a belle lurette que j’entends parler de la tomate « Petit moineau » ( Solanum pimpinellifolium). Je la cultive depuis 2005 et sur tous les sites Internet consultés, la seule description raconte celle d’une petite tomate rouge cultivée vers 1950 dans la région de Châteauguay. Personne d’autre n’avait davantage d’information. Était-ce réellement une tomate du patrimoine du Québec? Difficile d’en faire l’affirmation s’il n’y avait aucune référence ni source verbale; jusqu’au 28 mars 2016.

Attention aux imitations, la vraie Petit Moineau possède 7 branches.

Attention aux imitations, la vraie Petit Moineau possède 7 branches.

En effet, je reçois un courrier électronique de Louise Chevrefils, celle par qui tout a commencé. Pour celles et ceux intéressés à mieux connaître cette femme chaleureuse, je vous invites à cliquer sur le lien précédent.

De fait, elle m’annonce que son oncle, médecin et chiropraticien voyageur, l’avait ramenée du Mexique car il les trouvait très sucrées. Remises à son père dans les années 1950, elle les baptisent « petit moineau » en faisant référence « aux petits bébés moineaux qui commençaient à voler de leurs propres ailes » lorsque les fruits arrivent à point. Exceptionnelle et de forme buissonnante, c’est l’une des premières (vers la fin juillet) tomates et l’une des dernières à produire en saison (jusqu’aux premières gelées et parfois même plus tard si vous la protégez). Les fruits sont de la taille d’un gros bleuet. Ne vous y trompez pas, les tomates poussent sur une branche à 7 tomates. Très sucrée et hyper productive… de vrais bonbons! Par exemple, 7 plants semés en 2010 a permis de récolter plus de 60 livres. Quelle récolte! Très résistante à la sécheresse.

Tomates Petit moineau

Tomates Petit moineau

Culture : Semis intérieurs 6 à 8 semaines avant la date du dernier gel. Semis extérieur possible après le dernier gel dans un sol réchauffé mais les plants seront moins gros et produiront plus tard (en août). Elle se ressèmera d’elle-même l’année d’après si vous oubliez de ramasser toutes les tomates tombées au sol. Conserver les gourmands qui formeront d’autres branches avec des tomates. Employer un gros tipi pour y attacher les branches plutôt qu’un tuteur car elles ont tendance à être envahissantes. Hauteur: plus de 1.5 mètre de hauteur.

Nous tenons à remercier chaleureusement Madame Chevrefils d’avoir pris la peine de nous partager toutes ces informations.

2016: 50e de la Yukon Gold, première pomme de terre canadienne

 

Pommes de terre Yukon Gold (image: www.plant.uoguelph.ca)

Pommes de terre Yukon Gold (image: http://www.plant.uoguelph.ca)

Il y a certaines variétés de fruits et légumes qu’on côtoie depuis si longtemps et ce, presqu’à tous les jours qu’on croirait qu’ils sont là depuis toujours. C’est presque le cas de cette ontarienne conçue à l’université de Guelph en 1966 par les chercheurs Norman Thompson et Garnet (Gary) Johnston (1916-2000), une des premières à avoir été développé pour la consommation de masse. Comme à notre habitude, en faisant quelques recherches, nous sommes tombés sur une foule d’histoires la concernant. Qui dit vrai? L’une des particularités lorsqu’on se retrouve en face d’une variété créée par des organismes gouvernementaux, c’est qu’on a juste à consulter les registres officiels de l‘agence d’inspection des aliments du Canada.

Garnet Richard Johnston (Image: université de Guelph)

Garnet Richard Johnston (Image: université de Guelph)

Toutefois, grâce à une lettre écrite en 1998 par Garnet Richard Johnston concernant l’historique de ce cultivar a beaucoup facilité nos questionnements. Ainsi, l’histoire débute en Ontario au début des années 1950 à la station de recherche de Harrow, un centre régional d’essai de la pomme de terre. A cette époque, les agriculteurs immigrants font des pressions pour qu’on développe une variété de pomme de terre à chair jaune telle qu’ils la cultivait dans leur région natale (Allemagne et Belgique). Plutôt incertain du potentiel d’une telle demande, le hasard fait en sorte que vers la fin de 1959, Monsieur Johnston met la main sur des tubercules très goûteux à chair très jaune apportés par un étudiant péruvien en provenance de Cuzo. Le père de ce dernier possédait une grande plantation de pomme de terre et vendait sa production au marché de Lima. Une année plus tard lors d’un colloque, Monsieur Johnston rencontre Roman Ross de la « Wisconsin Potato Introduction Station » et apprend qu’elle est cultivée à Sturgeon Bay en Ontario et qu’on lui attribut plusieurs noms à travers le monde tels: Amarillas, Careta, Yema de huevo, etc. Monsieur Ross lui envoie quelques spécimens en lui suggérant quelques possibilités d’hybridations pour l’améliorer. En y réfléchissant bien, Monsieur Johnston se dit:

Why not try to create a potato variety with normal size, shallow eyes, globular shape and yellow flesh. (Extrait tiré d’une copie d’une lettre de Gary Johnston en 1998 écrit à un collègue qui lui raconte l’histoire du Yukon Gold dans ses propres mots)

(Traduction libre): « Pourquoi ne pas créer une variété de pomme de terre de taille normale, aux yeux peu profonds, de forme globulaire tout en étant de chair jaune ». Il choisi donc comme sujet d’expérimentation le cultivar Norgleam du Dakota du Nord possédant toutes les caractéristiques décrites plus haut. Et dès 1966, le croisement fût fait sous l’appellation G6666.

Pomme de terre Yukon Gold (image: agence d'inspection des aliments du Canada)

Pomme de terre Yukon Gold (image: agence d’inspection des aliments du Canada)

Par la suite, durant la première année, de nombreux champs d’essais furent semés et l’un d’eux, le 4e (G666-4y) fût choisi afin d’être expédié vers six sites de cultures différents pour y être étudiés pendant 3 ans. Au moment de l’enregistrement du cultivar, Monsieur Johnston suggéra le nom de Yukon en référence à la ruée vers l’or au Yukon et au fleuve du même nom.

De plus, Charlie Bishop, un de ses collègues, lui suggéra d’y ajouter le mot « Gold » en référence à la couleur du tubercule. La Yukon Gold venait de naître. Pour sa commercialisation, le créateur misa sur une bonne dose de publicité. L’article du Harowsmith, un magazine national avec son titre “There’s Gold in these hills” (Traduction libre: Il y a de l’or dans ces collines) lui donna un bon coup de pouce.

Cependant, après maintes interviews à la télévision, à la radio et d’autres parutions dans des publications papiers tant canadiennes qu’américaines, le vrai départ survenu après que 2 grands producteurs de l’Ontario imprimèrent YUKON GOLD en grosses lettres sur leurs emballages de pommes de terre de 10 livres vendus et distribués dans de nombreux supermarchés.

Et finalement, les clients en redemandèrent. C’est ainsi que la pomme de terre Yukon Gold a été la première variété de pommes de terre d’élevage canadien à être promu, emballé et commercialisé sous son propre nom. Elle est devenue aujourd’hui la préférée des chefs cuisiniers adorant sa texture, sa couleur et son goût presque beurré. Versatile, on la consomme surtout en purée mais elle se consomme aussi frites, rissolées, bouillies ou au barbecue.

Saviez-vous que? Monsieur Johnston fût un hybrideur de pommes de terre tellement prolifique qu’il fut nommé membre honoraire à vie de la Potato Association of America. Outre la Yukon Gold, il a aidé à concevoir d’autres variétés telles la Huron, Nipigon, York, Rideau, Trent, Simcoe, Longlac, Conestoga, Eramosa , Saginaw Gold, Red Gold, Ruby Gold, Temagami et Royal Gold. Parmi celles-ci neuf d’entre elles sont encore cultivées par des grainetiers de l’Ontario. La Yukon Gold quant à elle fût la version la plus réussie et est devenue extrêmement populaire au Canada, en Europe, dans une majorité des pays du Pacifique et aux États-Unis. À titre d’anectode, il est intéressant de conclure que durant le mandat du président américain Bill Clinton, sa conjointe, Hillary Clinton, avait déclaré lors d’un souper officiel offert à la Maison-Blanche en l’honneur du président chinois, que tous les aliments du menu provenaient des États-Unis.

Toutefois, un journaliste observateur du New York Times avait noté que les pommes de terre s’avéraient être des Yukon Gold, une création canadienne. La Maison-Blanche a dû rectifier le tir en publiant un communiqué afin de s’excuser de l’erreur et rectifier les faits.

Pour en savoir davantage sur la biographie de Monsieur Gary Johnston, consulter le lien suivant.

Gagnante de notre concours estival 2016

Jacques-Ferdinand Verret (image: gauche: xxx droit: edithbedard.ca)

Jacques-Ferdinand Verret (image: gauche: xxx droit: edithbedard.ca)

Rénovation du magasin Verret en 1905 (image: Mes souvenirs tome II 1883-1888)

Rénovation du magasin Verret en 1905 (image: Mes souvenirs tome II 1883-1888)

Nous voudrions féliciter Madame Brigitte Émond, gagnante de notre concours estival 2016. Elle s’est méritée des semences de fraises blanches des alpes, une très ancienne variété qu’on cultivait au Québec avant 1900. Vous avez été nombreux à y participer et le prix se voulait dans la lignée de l’époque du personnage qu’on vous demandait d’identifier: Jacques-Ferdinand Verret. L’entreprise, plus connue dans la région de Charlesbourg sous le nom « Verret », y a tenu pignon jusqu’en 1962 et ce, pendant 106 ans. Le personnage fût une figure importante ayant remporté la cravate de « Commandeur d’honneur de l’ordre du Mérite agricole et le diplôme de très grand mérite spécial de la province de Québec » pour services rendus à l’agriculture et à l’apiculture le 1er septembre 1945 (voir photo prise lors de l’événement en haut à droite).

Catalogue du magasin Verret 1894 (image: Mes souvenirs tome II 1883-1888).

Catalogue du magasin Verret 1894 (image: Mes souvenirs tome II 1883-1888).

En effet, né le 21 avril 1860 à Charlesbourg, il commence à travailler pour le magasin général de son père, Jacques Verret, dès l’âge de 14 ans. Entreprise qu’il rachètera en 1900 au décès de celui-ci. Quelques années auparavant (1888) le commerce ajoutera le commerce des graines, une spécialité qu’il affectionnera plus particulièrement. Il parcoura l’Ontario et Vancouver ainsi que l’Europe pour y acheter ses semences afin de les revendre par la suite aux canadiens français par correspondance et via son entreprise. Il décèdera le 5 juillet 1946 après avoir laissé derrière lui une œuvre écrite unique, c’est-à-dire deux tomes relatant ses mémoires.

(Source: éditionshuit.com)

(Source: éditionshuit.com)

De fait, de 19 à 28 ans et de 52 à 86 ans, il prit minutieusement soin d’inscrire chaque jour le résumé de sa journée en y incluant ses états d’âme mais aussi les évènements marquant de sa vie et de l’actualité (tant personnelle que générale). Intitulé « Mes souvenirs », l’œuvre tient en deux tomes tellement il y a de l’information. La période du changement de vocation de l’entreprise familiale en grainerie devient un moment charnière où il cesse d’écrire son journal jusqu’au moment où il se lance en apiculture le 2 janvier 1912, sa deuxième grande carrière. Il le rédigera fidèlement jusqu’au 28 mai 1946, quelques semaines avant son décès le 5 juillet de la même année. On consent qu’une telle biographie attirera les fans d’histoire du genre et se veut un outil de références de cette époque d’un point de vue d’un acteur impliqué. C’est loin d’une lecture légère de chevet dans laquelle s’entremêle mortalité, guerres, incendies, épidémie mais aussi esprit de famille, persévérance, débrouillardise, résilience et réussite. Elle nous remet en contact avec un passé pas si lointain dans lequel on réalise le fossé entre la vie parfois très rude d’autrefois et la qualité de vie et les facilités qu’on a aujourd’hui.

Pour en apprendre davantage sur le personnage, je vous invites à consulter les sites suivants: le musée virtuel du Canada et Edith Bédard, mon arbre.

Bâtisse Verret a l'abandon (image:

Bâtisse Verret a l’abandon (image:

Carte postale de juillet 2016

Thérèse Raymond en 1941 au Jardin Botanique de Montréal (image: bibliothèque et archives nationales du Québec)

Thérèse Raymond en 1941 au Jardin Botanique de Montréal (image: bibliothèque et archives nationales du Québec)

En voyant cette photographie, je me suis reconnu hier soir attachant mes plants de tomates. Avec la température chaude et les pluies des dernières semaines, les petites pousses ont bien grandies. Certaines me dépassant presque.  Il est intéressant de savoir qu’il existe 8 espèces de tomate de par le monde de son nom latin « lycopersicon »:

  • peruvianum: Espèce sauvage du Pérou ayant le plus de variabilité génétique. Résiste à plusieurs types de ravageurs et on estime qu’elle possèderait le plus haut taux de vitamine C. Résistante à la sécheresse.
  •  pimpinellifolium: Aussi une espèce sauvage du Pérou qu’on nomme également « tomate groseille ». Adaptée aux très hautes températures ce qui lui donne un avantage  sur les autres car elle se féconde et croit bien dans ces conditions comparativement aux autres espèces tomates.
  •  cheesmanii: Espèce vivant uniquement aux Îles Galapagos. Résistante à l’eau de mer et elle n’a pas d’abcission au pédoncule floral.
  •  hirsutum: Espèce sauvage robuste qu’on retrouve en haute altitude au Pérou et en Équateur. Résistante à de très nombreux insectes, acariens, virus … Adaptée aux très basses températures; une caracteristique très utile en ce qui concerne la germination et la fécondation. Possède une haute teneur en béta-carotène.
  •  parviflorum: Espèce retrouvée dans les hautes vallées de Andes Péruviennes. Se distingue par sa teneur élevée en extrait sec et sa couleur intense.
  •  chilense: Originaire des régions sèches du sud du Pérou et du nord du Chili. Très résistante à la sécheresse.
  •  chmielewskii: Espèce qu’on remarque par sa haute teneur en sucre et sa couleur vive.
  •  pennelii: Espèce sauvage originaire de l’ouest du Pérou avec une résistance importante à la sécheresse. Haute teneur en vitamines A, C et en sucre.

Par ailleurs, les variétés sauvages sont grimpantes et peuvent mesurer plusieurs mètres de longueur. Nos jardins-potagers modernes ont adopté depuis peu des variétés dites déterminées (à croissance limitée), beaucoup plus pratiques. Il est devenu très rare de rencontrer des jardiniers amateurs qui cultivent des tomates en hauteur comme on le faisait au Jardin Botanique de Montréal dans les années 1940 (voir image ici-bas). Je me souviens entre autre d’une ancienne photographie montrant le père Armand Savignac grimpé sur une échelle récoltant ses tomates sélectionnées par ses soins. C’était un autre temps, là où les potagers étaient immenses.

Plants de tomates au Jardin Botanique de Montréal en 1940 (source: Archives et bibliothèque nationale du Québec)

4 variétés de tomates cultivées au Jardin Botanique de Montréal en 1940 (source: Archives et bibliothèque nationale du Québec)

Curiosité au potager: la vitelotte noire

Vitelotte noire; à gauche crue et à droite Cutie (image: Wikipedia)

Vitelotte noire; à gauche crue et à droite cuite (image: Wikipedia)

On raconte que cette pomme de terre violette aurait été la préférée du célèbre écrivain Alexandre Dumas (1802-1870). Jules Vernes (1828-1905) en fait aussi mention dans son livre « L’île mystérieuse » paru en 1875.

Quoi qu’il en soit, cette très ancienne variété a attiré mon attention lors d’une exposition agricole à Saint-Hyacinthe en 2015. Dans la section effacée des concours horticoles trônait dans un petit panier en osier quelques tubercules d’une petite patate à la peau très foncée avec la mention « boudin noir ». Après quelques recherches, j’ai pu comprendre qu’outre ce nom, elle se présentait aussi sous les appellations « Truffe de Chine », « négresse », « Violette » mais le plus souvent on l’identifie comme étant la « Vitelotte noire ».

D’origine inconnue, on l’a nommée officiellement de cette manière en Europe en 1812 en la classant dans les catégoriess des variétés de pomme de terre mal définies en utilisant le « vit » par analogie à « forme » avec le suffixe « elotte ». Certaines sources avancent qu’elle pourrait même provenir de l’Amérique Latine ou, du temps des conquistadors, elle aurait été rapporté en Espagne lors de la conquête espagnole (1523-1547).

Outre cette page d’histoire, la belle couleur bleutée de la chair vous surprendra… parce qu’entre autre, elle tache les doigts lors de l’épluchage. Soyez averti! Mais sachez qu’une telle pigmentation, soluble dans l’eau, provient des anthocyanes, une propriété qui la protège des rayons ultraviolets. Cette particularité lui procurerait des qualités indéniables comme aliment antioxydant; une plus-value contre le vieillissement de la peau. Ok, elle est bonne pour la santé mais le goût alors?

De fait, sa texture farineuse fait en sorte qu’on déconseille de la consommer seule comme « patate bouillie ». Mais sa saveur de châtaigne rehaussera salade, purée, ragoût ou poêlée tout en demeurant une attraction en croustilles ou en frites.

Méthodes de culture: Semer les tubercules en mai dans une terre légère et profonde, sans excès d’humidité. Avant l’opération, apporter une bonne dose de compost bien décomposé (environ 4kg/m2) et une grosse poignée de cendre de bois non traité, riche en potasse naturel. N’oubliez pas de changer d’emplacement chaque année en observant une rotation de culture de 3 à 4 ans. Placer vos petits tubercules à chaque 30 cm, le germe vers le haut et ce, à 10 cm de profondeur et en séparant vos sillons de 50 cm. Une fois les pousses hautes de 20 cm, buttez-les en renouvelant l’opération après 2-3 semaines. À la fin août, attendez que toutes les feuilles soient complètement fanées avant de récolter. Avec l’aide d’une fourche-bêche, déterrez vos pommes de terre et faites-les sécher quelques heures au soleil avant de les rentrer. De cette façon, la terre s’enlèvera mieux.  Entreposez-les dans un endroit frais, sombre et aéré sur une couche ventilée de 10 cm (paille ou vieux foin) avant de les remiser définitivement pour l’hiver.

Pour en savoir davantage sur les méthodes de culture et de reproduction de la vitelotte, consultez notre article intitulé: comment reproduire et conserver vos pommes de terre.

Le haricot Thibodeau de St-Jules

Haricot Thibodeau de St-Jules

Haricot Thibodeau de St-Jules

Le haricot faisait parti intégrante de l’alimentation de nos ancêtres québécois. Frais ou séché, il se mangeait sous différentes formes. C’etait un incontournable des potagers. En voici un dont on sait qu’il provient de notre merveilleux patrimoine alimentaire car il remonte au minimum au 19e siècle.

Haricot Thibodeau de St-Jules

Haricot Thibodeau de St-Jules

En effet, Monsieur René Paquet, un membre du semencier du patrimoine, a pu le retracer jusqu’à Monsieur Joseph-Edouard Boucher (1844-?) de Beauceville. Mais il est évident qu’il est encore plus vieux. En regardant la généalogie du personnage, on peut remonter jusqu’à son ancêtre, Jean Boucher (né en 1650 à St-Etienne-du-Bourg en France et mort au Québec en 1700 à St-Joachim). On ne peut qu’extrapoler qu’il puisse s’agir d’une très ancienne variété française lorsqu’on sait que les semences se transmettaient habituellement entre individus proches.

De fait, à partir de Joseph-Edouard Boucher, les graines auraient voyagé à travers le temps via sa famille ou très proches jusqu’à ce qu’elles atterrissent dans les mains de Monsieur Paquet par Madame Jeannine Thibodeau, de St-Jules de Beauce (d’où son appellation). Donné comme cadeau de mariage dans une tasse en 1973 par l’intermédiaire de sa tante Marie-Anne Boucher (1920-2009), cette dernière les tenaient de sa mère Angelina Rouleau Boucher (1896-?), fille de Joseph-Édouard Boucher.

Comme l’explique Monsieur Paquet, « les fleurs roses et ailes blanches« , produiront des gousses vertes contenant 6 grains allongés rectangulaires de couleur beige doré de 1,2 cm; « une ligne brune rougeâtre encercle le hile« . Elles bruniront avec le temps si vous les amenez à maturité pour la production de graines. Excellentes cuites au four, vous devrez attendre entre 80 et 90 jours pour les déguster frais.

Carte postale de juin 2016

Les kiosques de fruits et légumes font de nouveau leur apparition au bord des routes. Une question alors m’est passée par la tête en voyant ces endroits familiers il y a quelques semaines. Une autre me dirait ma conjointe. Et oui!

En effet, depuis combien de temps existent-ils? Quel est leur historique. En faisait quelques recherches, histoire de satisfaire ma curiosité, j’ai fait « chou-blanc ». Pour le moment!

De fait, il ne semble y avoir aucun intérêt à traiter de ce sujet. Et moi, lorsqu’on en parle pas…. ça m’intéresse!

Toutefois, un vieux reportage de l’émission télévisuelle « la semaine verte » du 27 juillet 1974, une production de Radio-Canada, s’intitulant : la vogue des kiosques de fruits et légumes, me fait croire que leur présence n’est peut-être pas si ancienne que ça.

Effectivement, on pourrait croire que leur présence estivale au Québec soit là depuis des lustres mais je ne tiens rien pour acquis. J’y planche et un jour, je résoudrai l’énigme. Évidemment, votre aide serait appréciée si vous aviez des pistes.