Alacrity, les 100 ans de la première tomate canadienne

Tomate Alacrity (source: catalogue Dupuy & Ferguson, 1916, p.25)

Tomate Alacrity (source: catalogue Dupuy & Ferguson, 1916, p.25)

2016 marquera un événement passé inaperçu dans l’actualité: le centenaire de la première tomate canadienne.

En effet, la tomate rouge Alacrity créée par la Ferme expérimentale du Dominion à Ottawa (aujourd’hui, Ferme expérimentale centrale), témoigne encore aujourd’hui, qu’à l’époque, il n’existait pas de variétés adaptées au climat froid nordique. Pour remédier à la situation, on avait misé sur une plante ayant une maturité plus précoce de 10 jours comparée à sa plus proche rivale américaine.

De plus, elle offre en quantité des fruits rouges ronds (voir image) d’environ 4 à 8 onces. Selon la traduction libre de la version anglaise du catalogue de 1916, Dupuy & Ferguson, la seule compagnie québécoise à offrir des semences lors de son année de lancement:

La totalité de la récolte peut être recueillie généralement environ trois semaines à partir du moment où le premier fruit mûrit.

William T. Macoun (source: Ottawa's farm: a history of the Central Experimental Farm)

William Terril Macoun (source: Ottawa’s farm: a history of the Central Experimental Farm)

En fait, cette nouvelle venue n’a pas été la seule découverte de l’institution fédérale.

En effet, vers 1900, Sir William Saunders, le premier directeur de la Ferme expérimentale reçu le mandat d’améliorer voire créer des spécimens (animaux et végétaux) ayant des cycles de développement plus courts ou une résistance accrue aux rigueurs du climat. C’était une des conditions « sine qua none » pour aider à la colonisation de l’est et du nord du Canada. Mais à qui doit-on au juste la création de cette tomate?

Et bien! Parmi l’équipe de travail, se trouvait un homme du nom de William Terril Macoun (1869-1933) qui, sans le savoir, deviendra l’un des plus célèbres horticulteurs canadien de son temps. On lui devra notamment la sélection des pommes Melba et Lobo, encore sur nos tablettes d’épiceries.

Catalogue Dupuy & Ferguson (1916)Par contre, au début du 20e siècle, la sélection se fait à tâtonnement et l’approche génétique en est aussi à ses balbutiements. Macoun s’inspire des découvertes faites sur la tomate par un américain, Alexander Livingstone, un semencier avant-gardiste. Son sujet initial fût justement l’une des tomates créées par ce dernier; la Stone. Introduite en 1889, sa popularité dans le nord des États-Unis, sa fiabilité, sa relative précocité, sa couleur rouge et sa forme ronde devint la référence idéale pour l’horticulteur. Mais il aura fallu 10 ans (1915) pour que Macoun obtienne la première candidate définitive qu’on appela Alacrity. En raison de l’urgence dû à la première guerre mondiale, on offrit les graines directement aux agriculteurs en 1915 via le réseau émergent des centres de recherche agricole du Canada. Mais dès 1916, elle pu être offerte au grand public. Pour la première fois, le Canada pouvait se vanter de posséder une tomate issue de son terroir. Pour les intéressés, vous pouvez vous procurer des graines de cette tomate historique chez plusieurs semenciers canadiens notamment Prairie Garden Seeds et Greta’s Organic Gardens.

Saviez-vous que? Il existe un jardin commémoratif en l’honneur de William T, Macoun. Créé en 1933-34 sur le site de sa résidence, il travailla à la Ferme expérimentale de 1888 jusqu’à la fin de sa vie en 1933. Il conçu et développa outre des souches de plantes résistantes au climat canadien, de magnifiques cultivars de fleurs pour embellir les jardins.

Résidence officielle de William T. Macoun (source: Archives Nationale du Canada/PA-136870)

Résidence officielle de William T. Macoun (source: Archives Nationale du Canada/PA-136870)

Des granges, monuments historiques

Vous prévoyez voyager dans les campagnes du Québec cet été? Profitez-en pour faire de petits détours si vous passez dans l’une des municipalités où ont été construit des attraits peu banals: des granges. On se désole souvent de constater le manque d’intérêt (ou de subventions de nos gouvernements) pour préserver ces vestiges d’une autre époque.

Toutefois, il est « quelque peu » réconfortant de savoir qu’une poignée de ces bâtiments agricoles ont été préservés et même classés « patrimoine historique » par le gouvernement provincial. Parmi ceux-ci on retrouve de véritables joyaux notamment:

LA GRANGE ADOLPHE-GAGNON (1835-1889)

Grange octogonale Alphonse-Gagnon (source: en haut: Radio-Canada et en bas: museeagricole.wix.com)

Grange octogonale Adolphe-Gagnon (source: en haut: Radio-Canada et en bas: museeagricole.wix.com)

Construite en 1888, cette grange-étable octogonale située dans le Bas-Saint-Laurent, à Saint-Fabien, est la seule à posséder quatre niveaux. Ce concept futuriste a valu à la veuve, Angèle Soucy, le Mérite agricole.

 

LA GRANGE LAJOIE

Grange Lajoie - en haut 2006 (source: Ministère de la Culture et des Communications) - en bas 1977 (source: Jean-Francois Rodrigue)

Grange Lajoie – en haut 2006 (source: Ministère de la Culture et des Communications) – en bas 1977 (source: Jean-Francois Rodrigue)

Dans le coin de Charlevoix et plus spécifiquement à Saint-Urbain, cette grange possède un toit de chaume. Elle fut bâtie par Ernest Lajoie vers la moitié du 19e siècle selon des techniques de construction du Régime français.

 

LA GRANGE ALEXANDER-SOLOMON-WALBRIDGE (1828-1897)

Grange Alexander-Solomon (source: en haut: Wikipedia, en bas (2009) Annie Tetreault)

Grange Alexander-Solomon-Walbridge (source: en haut: Wikipedia, en bas (2009) Annie Tetreault)

À Saint-Ignace-de-Stanbridge (Hameau de Mystic) en Montérégie, la grange Alexander-Solomon-Walbridge, bâtie en 1882, se distingue de manière singulière avec son toit en forme de collerette et son contour dodécagonal. Elle est la plus ancienne de cette forme encore préservée au Québec. Elle a deux étages soit celui du fenil et de l’étable.

 

LA GRANGE DAMASE-AMEDEE-DUFRESNE (?-1907)

image

À Austin, en Estrie en bordure du lac Memphrémagog, cette grange circulaire, construite en 1907, selon un plan populaire du 19e siècle des États-Unis, se distingue également par son toit conique et ses rampes d’accès couvertes. Contrairement à d’autres propriétaires de granges patrimoniales, celle-ci fut érigée par un charpentier payé par Damase-Amedee Dufresne.

 

LA GRANGE-ECURIE DES PRÊTRES CHAUMONT

Grange-écurie des prêtres Chaumont 2015 (source: Isabelle Huppé)

Grange-écurie des prêtres Chaumont 2015 (source: Isabelle Huppé)

Située au coeur de Sainte-Anne-des-Plaines dans les basses Laurentides, la grange-écurie des prêtres Chaumont se remarque à peine mais une fois devant, elle se remarque avec son toit à deux versants asymétriques. Érigée comme dépendance agricole vers la fin du 19e siècle, elle forme un ensemble avec la maison des prêtres Chaumont construite en 1884.

Vous êtes intrigués de consulter l’historique d’autres granges classées patrimoniales? Consultez le répertoire culturel du patrimoine du Québec pour en connaitre davantage. Qui sait! Il y en a peut-être même une près de chez vous bien cachée.

Décès de Oscar Gonthier (1929-2016)

Oscar Gonthier

Oscar Gonthier

Nous avons été attristé par l’annonce du décès de Monsieur Oscar Gonthier, survenu le 3 avril 2016 à Drummondville. Âgé de 87 ans, il a été le créateur de la fameuse tomate du même nom. Nous tenons à exprimer nos sincères condoléances à toutes la famille, proches et amis. Nous conserverons précieusement et perpétuerons votre legs avec amour. Pour préserver sa mémoire, nous encourageons les lecteurs à lire notre article paru le 15 décembre 2010. Merci

Carte postale d’avril 2016

Depuis la naissance de nos enfants, nous plantons un arbre fruitier à chacun de leur anniversaire. Âgés d’un an pour qu’ils soient plus facile à planter pour nos frimousses, ils prendront du temps avant de produire mais quelle importance; on le fait avant tout pour eux et les suivants. Ils représentent une partie de leur legs. Un jour, ils comprendront à quel point, par ce geste intemporel, nous leur disons qu’on les aime à jamais.

Parce que l’automne et le printemps sont les meilleurs moments pour planter un arbre, je voulais en profiter pour rendre hommage à mon père décédé il y a 6 ans. On le voit justement sur cette photographie en 2009 (ci-contre) au jour de la fête de ma fille au moment de la plantation de son 3e arbre. Cette journée fût fantastique et les souvenirs inoubliables. Veilles sur tes petits-enfants dans l’au-delà comme tu l’as fait de ton vivant. Je t’aime! Ton fils.

 

La nigelle ou poivre de la Nouvelle-France

Nigelle ou cumin noir (photo: naturallifeenergy.com)

Nigelle ou cumin noir (photo: naturallifeenergy.com)

Louise Saint-Pierre, (photo: ipir.ulaval.ca)

Louise Saint-Pierre, (photo: ipir.ulaval.ca)

En janvier 2014, nous recevions une belle attention de la part d’un de nos lecteurs (Mario Racine): des graines de nigelle (nigella sativa). Transmises par sa cousine Julie Drolet en 2005, cette dernière les avait obtenues de Louise Saint-Pierre, autrefois enseignante à l’université Laval dans un cours intitulé « Alimentation et pratiques alimentaires« . Ça voyage hein! Madame Saint-Pierre, propriétaire du « Potager de la Nouvelle-France » jusqu’en 2000, prenait soin d’apporter régulièrement des échantillons de son jardin pour illustrer à ses étudiants les aliments oubliés et consommés depuis le début de la colonie française. Madame Drolet avait eu la brillance d’esprit d’en conserver quelques graines et d’en reproduire chaque année.

Avec l’intention d’écrire un article sur cette plante sans date précise, le déclic se fit la semaine dernière suite à l’achat d’un mélange d’épices (ras el hanout) dans lequel s’inscrivait la nigelle comme premier ingrédient. Il n’y a pas de hasard nous sommes-nous dit. En passant, une erreur dans l’impression de l’étiquette du produit s’est glissée donnant lieu de croire à l’utilisation de la « nigette » mais ça n’existe pas.

Cultivée depuis l’antiquité, il en existe une vingtaine d’espèces originaires d’Eurasie mais seulement quelques-unes se consomment comme épices sous l’appellation « cumin noir ». Chez-nous, elle nous accompagne depuis le début de la colonie française et elle apparaît parfois sous les surnoms populaires anglais de « Love-in-the-mist » ou « Devil-in-a-bush ». Offerte au Québec de manière commerciale via les catalogues de semences depuis les années 1900 sous la variété « miss Jekyll », aucune mention n’indique que les graines pourraient se manger.

Par exemple, la compagnie Reenie’s, dans son catalogue de 1902, fait référence, « a une curieuse plante au feuillage finement découpé et à une fleur bleue singulière. Très jolie comme fleurs coupées« . Pour sa culture, rien de plus facile. Simplement déposer des graines à la surface du sol en plein soleil ou la mi-ombre lorsque tout risque de gel est passé. La germination survient environ une semaine après. Vous devriez vous attendre à obtenir des massifs d’un peu plus de un pied de hauteur (30 cm). Lorsque les fleurs seront fanées, des capsules se formeront contenant les précieuses semences. Attendez qu’elles soient devenues brunes avant de les récolter (en automne). Conservez-les dans une enveloppe de papier pour éviter tout contact avec l’humidité. Pour un consommation en cuisine, n’oubliez pas de moudre comme le poivre; éternuements en moins. Une consommation réduite est suggérée car légèrement toxique en fortes doses.

Il est finalement très important, après intervention de quelques lecteurs, de ne pas confondre la Nigelle de Damas bleue (nigella damascena) non comestible (voir ici-contre) versus la Nigelle blanche (nigella sativa).

 

ANECDOTE: Lorsqu’on cultive une plante pour la première fois, qu’on ignore son comportement et surtout s’il n’existe aucune info connue sur elle …. on l’isole. En effet, n’ayant aucune idée de son allure, de l’apparence des pousses et de la manière dont elle va réagir chez-soi (ex: est-ce une plante envahissante? / se ressème t-elle par elle-même? / a qu’elle hauteur va t-elle pousser? / etc.), il est essentiel qu’elle ne se mélange pas avec vos autres plantes stables. On s’est si souvent fait prendre qu’avec le temps, on a fini par comprendre. En fonction des cultivars et de votre lieu de rusticité, certaines nigelles sont connues pour se ressemer (jusqu’à -20 degrés Celsius).

Maferme.ca, réunir agriculteurs et consommateurs.

Logo Ma ferme.ca

Apres Provender, une application qui cherche à rapprocher agriculteurs et restaurateurs, une autre marche dans la société de partage dans le monde agricole vient de se construire avec Maferme.

En effet, éliminer les intermédiaires ainsi que les coûts de distribution tout en rapprochant cette fois-ci les agriculteurs et les consommateurs, voilà l’une des missions de la nouvelle plateforme fondée par Pierre-Luc Carmel Biron. Selon le fondateur:

Nous croyons aux bienfaits et aux avantages d’une agriculture de proximité, biologique, à échelle humaine et respectueuse des animaux, des producteurs et des consommateurs.

Dans quelques jours, vous pourrez ainsi géolocaliser le producteur le plus près de chez-vous, consulter ses produits et prendre connaissance de ses lieux de distribution. Les objectifs, espère t-il, sera d’augmenter la flexibilité mais aussi mieux contrôler les prix.

Le site prélève une commission de 2% sur les ventes réalisées par les agriculteurs. Des frais de 3% sont également facturés aux clients pour chaque paiement réalisé avec une carte de crédit. Selon Monsieur Carmel Biron, plus de 3000 consommateurs ont déjà manifesté leur intérêt pour ce service. Gagnant de la Bourse « André Waechter » de 10 000$ de la Fondation HEC en 2015, l’idée s’est réellement concrétisée lorsqu’il développa un système informatique pour aider sa tante au Lac-Saint-Jean à gérer ses commandes de la ferme. Selon le site:

Une première version de maferme est alors développée et utilisée, pour la saison 2015, par Les Jardins de Saint-Félicien, leurs points de livraison et plus de 200 abonnés.

À partir de ce succès, il décide de proposer une formule à la carte destinée à l’ensemble du Québec. Mais qui sait, peut-être sommes nous en présence d’une future star-up mondial?

De fait, bien que l’augmentation récente des prix du panier d’épicerie provient en grande partie de la marge de profits des « intermédiaires », des importations minées par la faiblesse du dollar canadien et des fluctuations à la hausse dues aux boursicoteurs, une économie de proximité élimine presque totalement ces variations, ce qui se refile automatiquement au deux extrémités de la chaîne: le producteur et le consommateur.

Dans ce cas-ci, un autre intermédiaire reprend la place mais comme Uber X et AirBnb, il y a de fortes chances pour qu’on soit en présence d’une autre petite révolution de la société de partage. Le temple de l’alimentation pourrait fort bien aussi commencer à trembler un jour. On verra la suite.

La « canne » de sirop d’érable

conserve sirop d'érableEntre 1920 et 1951, lorsque la population souhaitait acheter du sirop d’érable, les seuls contenants disponibles se présentaient sous la forme de gallons en verre ou en métal. Dans les deux cas, il y avait de nombreux inconvénients. Par exemple, une fois ouvert, le contenu des cruchons en verre changeait de goût voire surissait dû à la lumière et à l’exposition à l’air.

De même, comme les gens n’en mangeaient pas chaque jour, on pouvait facilement conserver un gallon pendant plusieurs mois. À cause de la cristallisation, on devait souvent en jeter; un gaspillage inutile d’un produit relativement coûteux.

Source: musée McCord

Source: musée McCord

De plus, durant les années 1940, on avait décelé la présence de plomb dans le liquide à cause des matériaux (chaudières, casseroles, évaporateurs…) soudés par ce même métal. Est-il important d’ajouter qu’en 1941, 25 000 fermes sur les 125 000 au Québec possédaient des érablières, soit 21  248 698 entailles ou 853 érables par établissement… Une grosse industrie.

D’ailleurs, les propos tenus par Jules Méthot, chef de la Division provinciale de l’Acériculture, lors d’une réunion de producteurs et retranscrits dans le Bulletin des agriculteurs d’avril 1951, y faisaient justement allusion.

Nous ne réussirons à conserver et développer les marchés de nos savoureux produits de l’érable que s’ils sont essentiellement purs et présentés dans des emballages répondant mieux aux exigences et ressources des consommateurs.

source: Le Bulletin des agriculteurs. mai 1953

source: Le Bulletin des agriculteurs. mai 1953

Ses affirmations touchaient donc pas mal d’acericulteurs. C’est ainsi qu’après avoir converti l’ensemble des équipements à l’aluminium, il fût conclut que pour répondre à la demande du consommateur, l’utilisation d’une conserve de 26 onces résoudrait à la fois les problèmes de pertes, de conservation et de salubrité.

Toutefois, pour agrémenter l’aspect visuel de cet emballage (format no 2 1/2 et no 2) destiné exclusivement au marché canadien, le Ministère de l’agriculture, en collaboration avec la Division de l’Acériculture, organisa en 1951 un concours amateur tenu à l’Exposition provinciale de Québec. Comme cadre de référence, les propositions devaient illustrer des scènes d’érablières en plus de devoir répondre à des critères esthétiques et artistiques. Qui gagna? Il semblerait qu’à travers le temps, cette information fût oubliée ou du moins perdue. Personne ne se risque aujourd’hui à donner une réponse. Mais tentons de nous y rapprocher.

Conserve sirop d'érable (1951)Dans un premier temps, un article paru le 14 mars 1952 dans le journal « Le Progrès du golfe de Rimouski » et écrit par le Ministère de l’agriculture du Canada relate la description de « ces boîtes artistiquement lithographiées de blanc, de rouge et de vert qui indiquent le poids net, la classe du produit ainsi que le nom de l’empaqueteur« . On peut justement voir ici-contre une publicité en noir et blanc des Producteurs de sirop d’érable de Québec publiée en mars 1953 dans le Bulletin des agriculteurs illustrant la supposée image gagnante. Vous pouvez cliquer pour l’agrandir. C’est drôle mais elle ne ressemble pas réellement à tout à fait à notre fameuse « canne » de nos jours.

imageDe fait, lorsqu’une bonne partie des sources suggèrent qu’il n’y a pas eu de changements depuis ces 60 dernières années, je dresse ici un bémol.

En effet, comment expliquer qu’il existe 4 versions autorisées (voir images ci-dessous)? Y aurait-il eu 4 gagnants en 1951? Que comprendre aussi en comparant deux anciennes conserves de sirop des années 1970. Il y a aussi des différences même avec celles actuelles?

Qui plus est, où sont passés le rouge, le blanc et le vert comme l’affirmait l’article publié dans le Progrès du golfe de Rimouski? Où est également la feuille d’érable comme le montre la publicité de 1953? Les conserves d’aujourd’hui ne sont peut-être pas aussi « vintage » qu’on le prétend. Que comprendre? Le « questionneux » en moi ne relâche jamais. Si vous avez des pistes ou des éléments pertinents, n’hésitez pas à les inscrire dans notre section commentaires.

Pour en savoir davantage sur l’histoire de ce merveilleux produit, consultez le site « J’aime l’érable« .

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Saviez-vous que: Les québécois sont les seuls au monde à consommer du sirop d’érable dans des conserves.

Carte postale de mars 2016

Pour les nostalgiques d’une agriculture révolue. Un film de 2 minutes produit en 1941 par l’Office nationale du film. L’île d’Orleans est sans contredit le berceau de l’Amérique française où, encore aujourd’hui, on peut voir les vestiges du passé de nos premiers ancêtres arrivés en Nouvelle-France par la Normandie.

Cet endroit a d’ailleurs été décrété «arrondissement historique» par le gouvernement québécois en 1970, en vertu de la Loi sur les biens culturels. À cette époque, on y avait répertorié près d’un millier de bâtiments agricoles dans le cadre de l’inventaire patrimonial réalisé par le Ministère des Affaires culturelles et ce, sur une superficie de seulement 192 km2 (34 km de longueur par 8 km de largeur).

Semaine de relâche en avance

Bonjour à tous, on prend un trois semaines de relâche de blogue histoire de se redonner un peu d’énergie. Nous honorerons évidemment toutes les commandes durant cette période. On vous laisse sur une image tellement inspirante en attendant le retour du printemps. Bien oui, on retrouve chez certains un esprit jardinier même en hiver. À bientôt!

Entrée fleurie en hiver

Liz Christy, mère du premier jardin communautaire

Liz Christy en 1973 dans son jardin de Lower Esast side (photo: Donald Loggins)

Liz Christy dans le premier jardin communautaire de Lower East side à New York en 1973 (photo: Donald Loggins)

Il y a quelques années, lors de l’un de nos voyages de vacances familial, nous avions élus domicile aux résidences du Collège St-Paul à Ottawa. Juste au bas de la fenêtre, un immense potager communautaire luxuriant faisait office de bienvenue aux nombreuses familles ethniques qui, comme nous, préféraient un tarif hôtelier super abordable. En le visitant, je me demandais où cette idée avait pris racine.

Pour remonter à la naissance du mouvement des jardins communautaires, il faut reculer au choc pétrolier de 1973 qui suivi le choc monétaire de 1971. Les bourses tombent, le chômage augmente et le dollar américain se voit dévalué. À New York et plus précisément à Houston Bowery, au lieu de les entretenir, certains propriétaires d’immeubles décrépis préfèrent les abandonner à la municipalité. Comme la ville n’a pas les ressources financières et maints édifices menacent de s’écrouler, ils sont rasés par mesure de sécurité. On voit ainsi se multiplier les terrains vagues non entretenus.

C’est donc dans cette atmosphère de plus en plus terne qu’une femme, Liz Christy, décide de réunir des amis pour réagir. Leur but: remettre du vert au cœur de la ville. Le défi paraît colossal.

En effet, les terrains en friches sont grillagés. Comment atteindre cet objectif de reverdissement si on ne peut accéder aux terrains. Qu’auriez-vous fait à leur place? Le groupe eut alors l’idée géniale de créer des « bombes de graines » (“seeds bomb” en anglais). Envoyées ça et là à travers le grillage, l’ingéniosité du système fait en sorte qu’avec la pluie et munies de leur réserve de compost, les plantes (fleurs, légumes, arbres, fines herbes…) poussaient et se resemaient pour repeupler rapidement de manière attrayante un espace à l’abandon.

Par la suite, ils plantèrent des arbres, peignirent du lierre sur les façades pour faire comprendre aux gens l’intérêt de réinsérer de la nature dans l’urbain. Au fil du temps et des actions, le mouvement recruta d’autres adeptes à travers la ville jusqu’à ce qu’ils aient assez d’activistes pour réaliser le premier jardin communautaire de l’histoire. Liz Christy réunit tout le monde sous l’effigie du drapeau des « Green Guerillas ». Le mouvement prit de l’ampleur; ce qui encouragea d’autres personnes de tous les horizons et de tous les âges à travailler ensemble et créer leurs propres jardins communautaires. Les « Green Guerilla » apportait aide et soutien à tous les nouveaux groupes mais la responsabilité revenait aux gens de chacun des quartiers de se rencontrer et de décider des actions à faire.

Début du jardin de Liz Christy (source: nycgovparks.org)

Début du jardin de Liz Christy (source: nycgovparks.org)

En général, les premières bases des jardins se construisaient avec l’aide d’objets récupérés. On estime à 1973 la date du premier jardin communautaire de l’histoire et qui porte depuis 1986 le nom de sa fondatrice : Liz Christy. Situé à l’angle nord est de Houston street et Bowery street dans Manhattan, un loyer symbolique de 1$ par mois avait été exigé par la municipalité avant d’accorder aux « Green guerilla » l’autorisation de replanter cet espace. Après un an de travail et d’embellissement, le mot s’est rapidement passé entre les habitants estomaqués des résultats impressionnants réalisés avec presque rien.

Jardin Liz Christy (photo: greenguerilla.org)

Jardin Liz Christy (photo: greenguerilla.org)

L’emplacement devint rapidement un lieu de rencontre, de cours, et d’expérimentations. Les jardins communautaires se propagèrent à travers la ville. 30 ans plus tard, la ville de New York comptait plus de 1000 jardins communautaires où les habitants cultivaient, plantaient, fêtaient le printemps ou l’Halloween, organisaient des rencontres, festivals, se mariaient, offraient des cours de jardinage et redonnaient aux enfants une autre dimension avec la nature et la nourriture. Certains jardins sont devenus de véritables trésors cachés au sein de la ville et ils produisent près d’une tonne de fruits et légumes par an, d’autres ont même leurs ruches. Et depuis 40 ans, l’idée se propagea à des milliers et des milliers d’autres villes partout dans le monde.

Cependant, le statut de la majorité de ces jardins n’est nullement acquis, laissant planer l’ombre qu’un jour, il pourrait être repris car trop souvent, ils sont enregistrés comme “espaces vacants” par le zonage. C’est pour cette raison que l’association des Green Guerrilla a conservé leur nom « belliqueux »; histoire de ne pas perdre de vue que chaque jardin est un combat contre l’urbanisation!

N’est-ce pas merveilleux qu’une seule personne ait pu en inspirer autant d’autres par le monde et qu’à travers elle le merveilleux ait surgit. Pour une autre histoire de ce genre, lisez notre ancien article intitulé: l’homme qui plantait des pommiers. Vous aussi pouvez faire une différence et qui sait, engendrerez-vous un futur mouvement planétaire.

Jardin de Liz Christy (photo: LIZ CHRISTY COMMUNITY GARDEN)

Jardin de Liz Christy 40 ans plus tard (photo: LIZ CHRISTY COMMUNITY GARDEN)

 

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