Les chasseurs de graines

Pour la relâche scolaire, on fera une petite pause d’écriture de deux semaines.

Kenneth Street dans le reportage "chasseur de semences".

Kenneth Street dans le reportage « chasseur de semences ».

En attendant, connaissez-vous des chasseurs de graines professionnels? Des gens (habituellement des spécialistes) dont le travail consiste, entre autre, à dénicher des variétés tellement rares qu’ils doivent explorer des contrées lointaines souvent inhospitalières pour les dénicher. Des genres d’Indiana Jones de la semence quoi! NON?

Il en existe pourtant plusieurs de part le monde et on voulait vous en faire découvrir un: Kenneth Street. Agronome australien, il habite aujourd’hui la Syrie et travaille pour ICARDA, un centre international de recherche agricole créé en 1977 dont le mandat consiste à promouvoir le développement agricole dans les zones arides des pays en développement. La réalisatrice Sally Ingleton a produit un documentaire sur l’homme dont la course contre la montre l’amène lui et d’autres chasseurs de semences, à travers de Tadjikistan afin de trouver un pois chiche qui pourrait sauver le monde…. aussi simple que ça! Mais cette mission sera, bien entendu, jonchée par de multiples obstacles et pleins de trouvailles. Leurs périples sauront-ils couronnés de succès? Pour le savoir cliquez sur l’image ci-dessous pour visionner le reportage complet d’environ 45 minutes.

Lors du visionnement, vous aurez l’occasion de vous rendre compte que le décompte est lancée entre les changements climatiques versus la capacité de nos plantes potagères à s’adapter. Une autre manière de s’apercevoir qu’il n’est pas encore trop tard… mais pour combien de temps encore. Est-ce une coïncidence si l’ONU a proclamé 2016 l’année des légumineuses, la plante des pauvres? Pourquoi des pauvres? Visionnez l’histoire pour connaitre la réponse.

Bonne relâche!

Le temple de la renommée de l’agriculture du Québec

Le temple de la renommée de l'agriculture du Québec

Depuis 1991, le Temple de la renommée de l’agriculture du Québec met en valeur les personnes dont la contribution exceptionnelle a permis l’avancement de l’agriculture au Québec. Honorés dans le cadre d’un banquet suivant l’assemblée générale annuelle, cette occasion ce veut un moment où, habituellement 3 récipiendaires, verront leurs photographies et réalisations exposées pour la postérité sur les murs de Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe.  Depuis 23 ans, 70 hommes et femmes ont déjà pris part à ce « mur des célébrités » que vous pouvez consulter dans la section « hommage aux artisans » de leur site Internet.

Ainsi, pour être sélectionnés, les élus auront dû démontrer dans leur mise en candidature leur rôle et l’impact positive de leurs actions au sein du monde agricole et cela, sur une période prolongée. Le comité de sélection étudie chacun des dossiers soumis avant le 1er mai de la même année. Reconnus par leurs pairs mais souvent inconnus par le public en général, il est intéressant de constater les multiples talents dont ont fait preuve ces individus et ce, dans les multiples sphères de l’agriculture.

En effet, on ne touche pas uniquement à la production laitière ou bovine mais aussi l’acériculture, l’horticulture, l’agronomie,  la culture maraîchère, l’enseignement, la muséologie, etc.

Bref, toutes les sphères de l’agriculture avec un grand A s’y retrouve. Une belle trouvaille pour les amateurs d’histoire récente.

Hommage aux artisans

L’ail canadien (mise à jour)

Ail Transylvanian

Ail Transylvanian

Qu’est-ce que l’ail canadien? S’agit-il d’une variété particulière?

En fait, il en existe une multitude et comme la population canadienne, les souches originent bien souvent d’un peu partout sur la planète où elles se sont adaptées graduellement à leur terroir au fil du temps. Elles répondent avant tout à des critères de résistance aux conditions climatiques nordiques mais certaines ont aussi développé une productivité, une texture, un goût, des formes et des grosseurs diverses.

 

 

Ail Siberian

Ail Siberian

Pourtant, bon nombre demeure inconnu des gens habitués à l’ail chinois vendu en épicerie. Avec un très faible taux de conservation, cet ail a subit une irradiation pour détruire toute vie microbienne qui élimine à la fois le bon goût introuvable dans l’ail d’ici. Car une fois que vous y aurez goûté, jamais vous n’en achèterez d’autre.

De notre côté, on en préserve quelques variétés à tige dure telles Montana Roja, Northern Quebec, Susan Delafield, Siberian, Transylvania, Persian, Yugoslavian et Music (voir photographies incluses un peu partout dans l’article) afin de faire notre part. On fait même nos propres sélections en recueillant les plus gros spécimens année après année. Depuis 10 ans, certains bulbes ont dépassé la taille d’un gros poing d’homme. Étonnant!

Ail Persian

Ail Persian

Cependant, elles ont toutes un point en commun, sauf pour le cultivar Music: ce sont des espèces menacées. Pour les personnes intéressées à poursuivre cette relève, vous pouvez justement vous joindre au « great canadian garlic project« .

En effet, les supermarchés importent plus de la moitié de leur ail vendu de l’étranger. Le Canada gagnerait à posséder une industrie de l’ail beaucoup plus vigoureuse. Les consommateurs et jardiniers quant à eux disposeraient d’une plus grande biodiversité. La quasi absence de production d’ail menacé fait en sorte qu’il existe peu de sources d’information à leur sujet.

Ail Northern Quebec

Ail Northern Quebec

Par exemple, en 2014, l’organisme « les semences du patrimoine » par le biais de son programme de conservation de l’ail canadien, en a cultivé pas moins d’une centaine différentes. Pas mal, non! Ils ont recruté pas moins de 80 bénévoles pour les cultiver à travers le Canada. En 2015, ils souhaitent doubler la taille du programme. Pour y parvenir, ils font appel à vous.

Madame Lyne Bellemare, coordonnatrice du volet francophone des semences du patrimoine nous explique que:

… nous cultivons en partenariat avec une ferme, et au mois d’août, nous les rendons disponible par notre site internet au grand public. Vous pouvez donc commander 5 variétés (nous vous demandons 10$ pour couvrir les frais postaux). Le but est que vous reproduisiez ces variétés et que vous les échangiez avec vos connaissances, vos voisins et vos amis afin de diversifier les cultures québécoises et canadiennes d’ail. Plus vous les partagerez, plus vous aidez à répandre la biodiversité. Et en même temps, cela vous fait découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles variétés et vous augmentez la sécurité alimentaire et vous favorisez une biodiversité saine dans les jardins et les cultures! N’oubliez pas que l’ail québécois est fait à 99% de la même variété (Music) s’il advient un problème ou une maladie, c’est la récolte québécoise au complet qui risque d’être en péril.

Vous pouvez avoir davantage d’information au lien suivant.

 

 

 

Les fêtes des semences 2015

 

banniere-2015-mPréparez-vous aux prochaines fêtes des semences 2015. Ce sera l’occasion de rencontrer des producteurs de semences ancestrales. Pour les jardiniers passionnés par le patrimoine horticole, ça vaut le détour. Nous vous dressons la liste chronologique de quelques endroits où vous pourrez faire le plein de trouvailles inusités et de trésors qu’on ne retrouve pas dans les grandes surfaces. L’entrée et les activités (conférences, ateliers thématiques, etc.) y sont habituellement gratuites, mais il peut y avoir des frais qu’on ne s’attend pas. Par exemple, dans certains endroits le stationnement est payant. Renseignez-vous en consultant les liens suggérés.

  • Samedi et dimanche 7 et 8 février
    Montréal, Jardin Botanique de Montréal (10h00 à 16h30)
    stationnement payant mais entrée gratuite
    Pour information : Action communiterre
  • Dimanche le 15 Février
    St-Appolinaire, Centre communautaire, 83 rue Boucher (10h00 à 15h00)
    Pour information: Carol Anne Brunet : 418-886-2218 ou visitez l’amélanchier
  • Dimanche le 22 Février
    Sainte-Anne-de-Bellevue, Centennial Center du campus McDonald de l’université McGill, 2111, route Lake Shore
    Pour information : daniel@fermetournesol.qc.ca

  • Samedi, le 28 février
    Saint-Vallier-de-Bellechasse, École La ruche  364, rue Principale (9h00 à 16h30)
    Pour information: Coopérative La Mauve
  • Dimanche, le 1 Mars
    Québec, Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec (10h00 à 16h30)
    Pavillon Alphonse-Desjardins (Université Laval) 2325, rue de l’Université
    Pour information : Réseau d’agriculture urbaine de Québec
  • Samedi le 7 mars
    Ste-Émélie-de-l’Énergie, Salle Jean-Antoine Leprohon 140, rue Émélie Bolduc Sainte-Émélie-de-l’Énergie (10h00 à 17h00)
    Pour information, suivez ce lien.

Curiosité au potager: le maïs Glass gem (mise à jour)

Julie Lampron

Julie Lampron

En janvier 2015, Madame Julie Lampron nous a gentiment envoyé des photographies de sa plantation de maïs Glass Gem, un cultivar multicolore unique au monde (voir histoire du maïs Glass Gem ici-bas). Ayant très peu d’information en français concernant cette variété américaine bien particulière, elle a aimablement voulu nous transmettre ses commentaires et observations après avoir lu notre demande. Et comble du bonheur, elle a pris aussi la peine de photographier et dater ses expérimentations. C’est donc avec un immense plaisir qu’à notre tour et, avec sa permission, nous vous retransmettons son expérience.Pour commencer, il est important de spécifier que le potager de Madame Lampron se situe à St-Étienne des Grès (zone 4b) à 30 minutes de Trois-Rivières. Je retranscris ici la manière dont elle le décrit.

Mon potager est situé dans une clairière dans un boisé. Tout est bio, pas de pesticides, rien de chimique. La terre est enrichie avec du BFR (bois raméal fragmenté), du compost, des feuilles et des résidus verts. Je ne fais pas de retournement de terre, rien de mécanique. Je n’arrose même pas (sauf au moment de la plantation). Je n’utilise que des semences anciennes et à pollinisation libre. J’ai de beaux résultats. J’en suis à ma quatrième année sur cet emplacement. Comme vous le verrez sur la photo d’ensemble du potager, j’ai opté pour une « clôture de bois morts », pour protéger mes plants des lièvres. Ça fonctionne très bien.

Commandées chez Native Seeds par Internet, les semences sont arrivées en 10 jours. Semis intérieurs dès le 22 avril. Les graines ont levées après 3 jours seulement (Méga- full-power ces maïs s’exclame t-elle).

Ensuite, repiquage de 3 à 4 plants par pot d’un gallon et acclimaté dans un abri d’auto en début mai pour transplantation finale au potager en fin mai. Faites simplement attention à la motte pour ne pas déranger les racines et tout ira très bien. Aucun insecte n’est venu gâcher la fête. Bonne production et résistance des plants jusqu’à leur pleine hauteur (environ 7 pieds). Comme elle le dit si bien:

Je ne sais pas comment vous raconter la joie que j’ai ressentie d’ouvrir les épis et de découvrir les différentes couleurs! Wahhouu de toute beauté.

La seule erreur, selon ses dires, aura été de les récolter trop tôt.
En effet, vous pourriez les laisser sur leurs épis jusqu’aux gelées.
Au final, récoltez-les pour les faire sécher dans un endroit sec et aéré et ensuite les égrener. Entreposez les semences dans des pots Masson à l’abri de la lumière. Vous pourrez vous en délecter comme pop-corn! Délicieux! Ici bas la chronologie en photos des étapes de culture.
Réception des semences le 13 avril 2014.

Réception des semences le 13 avril 2014.

Semis levés après 3 jours (25 avril 2014)

Semis levés après 3 jours (25 avril 2014)

Plants après 3 jours (28 avril 2014)

Plants après 3 jours (28 avril 2014)

Même plants le 7 mai 2014

Même plants le 7 mai 2014

Transplantation au potager (17 juin 2014)

Transplantation au potager (17 juin 2014)

Maïs Glass Gem (29 juin 2014)

Maïs Glass Gem (29 juin 2014)

Vue du potager avec le maïs (29 juillet 2014)

Vue du potager avec le maïs (29 juillet 2014)

Récolte du 2 septembre 2014

Récolte du 2 septembre 2014

Veuillez la contacter pour les droits d’auteur. Nous en profitons justement pour vous encourager à visiter son site web car Madame Lampron combine son temps avec une autre passion: la photographie de fleurs indigènes du Québec. Son travail est une vraie source d’inspiration.

HISTOIRE DU MAÏS GLASS GEM

Maïs Glass gem (image: http://twentytwowords.com)

Maïs Glass gem (image: http://twentytwowords.com)

L’origine de cette variété remonte à Carl Barnes, un fermier de l’Oklahoma aux origines autochtone Cherokee, dont le talent pour la sélection du maïs n’avait d’égale que sa patience et sa passion à conserver des semences de maïs aux couleurs vives et translucides. Il parvint, après je ne sais combien d’années d’efforts inlassables, à créer un cultivar « plus ou moins comestible » de maïs pour le plaisir des yeux.

 Carl Barnes

Carl Barnes

Octogénaire et vers la fin de sa vie, Barnes il cède sa précieuse collection de semences à Greg Schoen, l’un de ses protégés-hybrideurs. Lors de son déménagement en 2010, ce dernier cherche un

Bill McDorman (image: www.discoversocal.com)

Bill McDorman (image: http://www.discoversocal.com)

endroit où il pourrait stocker ces échantillons pour en assurer la sauvegarde.  Il se tourne vers Bill McDorman, propriétaire de l’entreprise grainetière familiale Seeds trust et directeur exécutif de Native Seeds. McDorman explique qu’il a été « soufflé » en voyant pour la première fois les maïs à maturité. « “No one had ever seen corn like this before.”… (traduction libre: « Personne n’avait jamais vu de maïs comme ça avant. »).  Comment expliquer ce phénomène?

Et bien, selon le magazine Discover, il semblerait que chaque graine est en fait une souche de maïs différente (ou la graine d’un seul) avec un mélange unique de gènes hérités de ses parents. Wow!

Maïs glass gem (image: http://blogs.discovermagazine.com)

Maïs glass gem (image: http://blogs.discovermagazine.com)

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Barnes et de son remarquable maïs n’est pas inhabituel. N’a t-on pas, pendant des millénaires interagi avec les plantes en les sélectionnant. D’un geste répété année après année, on ne peut que s’émerveiller de la beauté qui peut en résulter. Sans la prévoyance de Schoen, toute une vie de labeur aurait été perdue sans compter ce patrimoine génétique (couleur, saveur, résistance aux maladies et  rusticité). Comprenez-vous maintenant l’importance de protéger cet héritage.

Curiosité au potager: L’épinard-fraise

Épinard-fraise

Épinard-fraise

Nous tenons premièrement à féliciter Monsieur Alain Charest, gagnant de notre concours de fin d’année 2014. Il s’est mérité justement des semences de l’épinard-fraise (voir photo ci-haut).

En effet,  nous vous avions demandé en décembre dernier de deviner quelle était la plante photographiée chez-nous l’été passé. Ceux qui ont cru à un légume ont gagné et ceux ayant misé sur un fruit ont aussi gagné.

De fait, ce légume-fruit (Chenopodium capitatum) oublié originaire d’Asie occidentale est connu depuis des siècles. Les sources ne s’entendent pas sur son lieu d’origine mais disons qu’il arrive au Québec par l’Europe de manière tardive au XXe siècle. Le plant est compact et mesure environ 50 cm de hauteur. On le cultive pour ses feuilles nutritives triangulaires dentées qu’on ajoute aux salades mais on peut aussi les cuire à la vapeur.

De plus, les fruits rouges comestibles agrémenteront ce plant. Certains compareront leur goût à quelque chose d’anodin mais de notre côté, on adore. Allez-y quand même mollo car les petites graines noires des fruits contiennent de l’acide oxalique et des saponines, un agent toxique. Mais pas de panique…. on est pas mort. Seulement, passez le tout au chinois pour les retirer si l’idée vous vient de cuisiner sirops ou quelque chose du genre. Cliquer sur la photographie pour l’agrandir et mieux voir à quoi elles ressemblent. Peut se semer en pot (pratique pour les balcons) ou en massif. Très facile de culture. Dans les pays plus chauds, c’est une annuelle qui se ressème.

Culture: Semer directement au jardin après tout risque de gel au sol passé à 2 cm de profondeur. Privilégier les sites ensoleillés et bien drainés. Espacer les plants de 30 cm. Peu encombrant. Arroser au pied en période de sécheresse. Récolter régulièrement pour produire continuellement de nouvelles pousses et augmenter la récolte de fruits. Compter environ 60 jours pour une première dégustation.

Disponible dans notre section « pour commander ».

La tomate Québec #13

 

Tomate Québec #13

Tomate Québec #13

Catalogue W.H, Perron cie. Limitée (1952-1953)Création de Joseph O. Vandal en 1950 ou 1951 à Québec. Cette date approximative est faite à partir du catalogue de 1952-1953 de la compagnie W.H. Perron & cie. Limitée qui offrait cette variété, une sélection issue du la tomate Québec #5; elle-même créée vers 1947 par le même homme. Fruits rouges foncés plus gros que cette dernière, de grosseur moyenne, très précoce (environ 70 jours) et de bonne qualité. Les Serres P.M. Marcil de Ste-Clothidle qui possède leur entreprise depuis 1971 est l’une des rares qui la cultive en grande quantité et en dresse le constat suivant:

… la tomate Québec 13 doit être consommée dans les jours suivants son achat sinon elle risque de changer rapidement de couleur. Ce n’est pas une tomate que tu peux laisser traîner pendant des semaines sur les tablettes. Outre le goût exceptionnel, la tomate Québec 13 a beaucoup moins de graines que la tomate conventionnelle. On ne retrouve pas ce goût dans les tomates qu’on achète dans les grandes chaînes d’alimentation.

On confirme cette déclaration en ajoutant, pour les personnes désireuses d’en cultiver par eux-mêmes, qu’elle a tendance quand même à fendiller et est sujette à l’éclatement lors de grosses pluies à cause de sa peau très mince qui se pèle comme une pêche. Plant d’une hauteur de près d’un mètre de hauteur environ.
Dans notre section « pour commander ».

La « FÈVE » de la galette des rois

 

Image: bangkokaccueil.org

Image: bangkokaccueil.org

Premièrement, nous voulons vous souhaitez une très belle année 2015.
Que tous vos souhaits de jardinage s’accomplissent.
Bon… c’est peut-être exagéré mais le sentiment y est.

En attendant de se tremper les mains dans la terre, chose certaine, depuis quelques années, à chaque épiphanie (6 janvier), nous dégustons une belle galette avec une certaine appréhension de la part des enfant (et aussi des adultes) à savoir qui deviendra le roi.

En effet, pour déterminer l’heureux élu portant la couronne dorée, il y a une petite vedette qu’on oublie souvent: la fève. Pour quelle raison insère t-on une fève dans une galette? Et pourquoi la nomme t-on « galette des rois »?

En fait, la réponse résulte d’un mélange de plusieurs anciennes traditions.

Pour commencer, on remonte aux temps des romains… rien de moins. Pour célébrer le dieu Saturne entourant le solstice d’hiver, la population romaine festoyait pendant une semaine entière. Appelée les Saturnales, tout y était autorisé. Même les esclaves jouissaient d’une « relative » liberté. Pour souligner cette période, la coutume voulait qu’on envoi des gâteaux à ses amis. Sous l’ancien régime romain, ce moment coïncidait aussi avec les redevances féodales et on faisait aussi parvenir un gâteau à son seigneur d’où l’appellation « gâteau des rois ». La fève quant à elle déterminait le « roi du festin ». Blanche ou noire et habituellement utilisée lors des scrutins, on en choisissait une pour l’occasion qu’on insérait dans un gâteau.

De fait, cette coutumes sera adoptée plus tard, entre autre, par la religion catholique car elle coïncidait avec l’épiphanie, terme grec signifiant « apparition »correspondant  à la présentation de l’enfant Jésus aux Rois Mages. Il est intéressant de noter que la date du 6 janvier fût définitivement fixée par le Concordat de 1801.

Série de fèves dorées : « Habits de lumière ». (source: Wikipédia)

Série de fèves dorées : « Habits de lumière ». (source: Wikipédia)

Néanmoins, la galette des rois avait déjà cours dans la tradition française du XIVe siècle. À l’époque, celle-ci voulait qu’on la partage en portions égales au nombre de convives, plus une. La pointe supplémentaire, désignée  « part de la Vierge » ou « part du Bon Dieu » se destinait au premier pauvre à se présenter à la maison. Cela peut paraître surprenant de nos jours mais pendant longtemps l’épiphanie fût plus importante que le jour même de Noël. Ça change hein!

De nos jours, on dissimule un petit objet significatif (ex: une petite figurine d’un roi) et celui qui la trouve dans sa portion se voit déclaré roi. Il se coiffera dès lors de la couronne dorée fournie avec le dessert. Chaque année, la Maison Saint-Gabriel vous invite justement à mieux connaître cette belle histoire en invitant un historien ou un conteur pour cette journée bien spéciale. Comme ils le disent dans leur communiqué:

On est loin des fèves en porcelaine (apparues en 1870), en faïence et même en métaux précieux qui se cachaient dans les galettes des plus nantis d’antan. Ces fèves sont devenues de véritables objets de collection pour les « fabophiles« .

Qui plus est, si on avait vraiment respecté la coutume, notre plus jeune se serait glissé sous la table pour désigner à qui reviendrait chacune des portions pour éviter tout favoritisme. Chicane assurée!!! On a forcé le hasard pour que nos deux plus jeunes soient couronnés. J’espère juste qu’on ne confirmera pas une personnalité d’enfant-roi chez nos enfants.

Finalement, si vous ne trichez pas comme chez-nous, il est de circonstances que le roi offre la galette l’an prochain.

Pas d’austérité pour le prix des semences.

J’ai consulté récemment quelques catalogues de semences de la cuvée 2015 de grandes compagnies québécoises. Ça faisait très longtemps qu’il ne m’avait été donné l’opportunité d’en regarder. Pour ma part, mes meilleurs catalogues demeurent les cours arrières des maisons. Les échanges sont extraordinaires et pas mal plus valorisants. Je me plaît à dire qu’il n’y a pas aucun autre endroit pour dénicher des perles rares du patrimoine.

Par contre, j’aime quand même me tenir à jour des tendances.

Toutefois, j’ai sursauté en voyant le prix d’un petit sachet de 10 graines de tomate à $6.99 et ce, sans compter les taxes, les frais d’envoi et une « assurance » pour le remplacement en cas de commande perdue ou endommagée. Un grand total approximatif de $1,50 pour une graine. Scandaleux! C’est le prix d’une demie douzaine d’œufs. Pour ce montant, je m’attends à un taux minimum de germination de 100%, sinon c’est carrément du vol. Mais encore là, aucune garantie ni détail sur le sujet dans le livret. Ça prend la foi et surtout pas manquer son coup.

Évidemment, il y possibilité de baisser le coût unitaire en bénéficiant d’un rabais avec un panier d’achat de plus de 50.00$, choisir des cultivars moins onéreux et malheureusement trop rares (ex: $ 2.99 pour 80 graines) mais en bout du compte, votre petite graine reviendrait quand même à presque $0,50 chacune. Encore AYOYE! Je me suis alors amusé à comparer le prix d’une même compagnie avec un de ses anciens catalogues de 1954. Ceci, pour comprendre l’évolution de la hausse inflationniste de ce produit. Par exemple, en 1954-1955, pour les graines de tomates, on affichait les prix et les quantités suivantes (avec en plus des frais postaux de $0.10 pour chaque commande d’une livre et moins sur tout le territoire du Québec):

1 paquet (1/4 once ou 7 grammes): $0.15
1/2 once ou 14 grammes: $0.40
1 once 28 grammes: $0.70
1/4 livre ou 113 grammes : $1.25
1/2 livre ou 226 grammes : $4.00
1 livre ou 453 grammes : $ 12.00

Pour les avoir pesé, il est important de préciser qu’une once équivaut à beaucoup, beaucoup, beaucoup de graines de tomates. J’aurai aussi aimé trouver une variété identique mais avouons-le, il n’y a plus aucun cultivar de l’époque encore vendu dans les collections actuelles. Et inutile de se pâme devant l’appellation « semence du patrimoine » des gros vendeurs comme cœur de bœuf qu’on retrouve partout.

Bref, selon la feuille de calcul de l’inflation de la banque du Canada, un sachet de $0.15 devrait équivaloir à $1.33 en monnaie de 2014 et cela, en tenant compte de l’inflation annuelle et de la dépréciation du dollar depuis 60 ans. Une différence de $5.66 ($6.99 – $1.33).

C’est donc dire qu’en six décennies, vous aurez eu une augmentation réelle annuelle d’environ 6.5% avec en prime (sarcasme ici!) moins de graines. Je comprends  maintenant le commentaire d’un de nos lecteurs qui, un jour, nous avait fait la remarque qu’il n’avait pas l’impression d’avoir « affaire à un vendeur de graines ». Remarque qu’il avait précisé en ajoutant qu’il se sentait souvent floué par les grosses compagnies désireuses de faire du profit avant tout.

Néanmoins, nous comprenons tout à fait les raisons démontrant la logique d’un tel prix (coût de la main-d’œuvre, recherche, équipements à amortir, publicité, marge de profit, etc.). Mais en cette période d’austérité économique québécoise, je continuerai à visiter les cours arrières et encourager les petits producteurs, moins gourmands. Pour les curieux, nous en avons dressé toute une liste de références (québécoises et canadiennes) sur notre page d’accueil. Soyez indulgents car quelques liens ne s’activent plus. Nous plancherons là-dessus durant la période des fêtes.

 

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