Les fêtes des semences 2016

C’est la saison des fêtes des semences 2016 et depuis quelques années plusieurs endroits au Québec se sont ajoutés. Ce sera l’occasion de rencontrer des producteurs de semences ancestrales, écouter des conférenciers, assister à des ateliers, faire des échanges et rencontrer d’autres passionnés. Pour les jardiniers passionnés par le patrimoine horticole, ça vaut le détour puisqu’il y a de nombreux collectionneurs de variétés rares à des prix très raisonnables. Nous vous dressons la liste chronologique de quelques endroits où vous pourrez faire le plein de trouvailles inusités et de trésors horticoles qu’on ne retrouve pas dans les grandes surfaces. L’entrée et les activités y sont habituellement gratuites, mais il peut y avoir des frais qu’on ne s’attend pas. Par exemple, dans certains endroits le stationnement est payant. Renseignez-vous en consultant les liens suggérés.

  • Vendredi au dimanche, du 12 au 14 février
    Montréal, Jardin Botanique
    (Vendredi: 12h00 à 18h00 / Samedi et dimanche:  10h00 à 16h30)
    Pour information: Dépôt alimentaire NDG ou Sarah Maranda-gauvin: fete.semences.mtl@depotndg.org au 514 483-4680 #224
  • Mercredi, le 17 février
    Montréal, 7355, av. Christophe-Colomb H2R 2S5 / Villeray (19:00 à 20:00)
    Pour information: Éco-Quartier Villeray ou ecoquartiervilleray@patroleprevost.qc.ca
  • Samedi, le 20 février
    Saint-Vallier-de-Bellechasse, École La ruche  364, rue Principale (10:00 à 16:00)
    Pour information: Coopérative La Mauve ou 418 884-2888
  • Dimanche, le 21 Février
    St-Appolinaire, Centre communautaire, 83 rue Boucher (10h00 à 15h00)
    Pour information: l’amélanchier ou Anne Gauthier 418 886-2874
  • Samedi et dimanche, les 27 et 28 février
    Ste-Émélie-de-l’Énergie, 140, rue Émélie Bolduc
    (Samedi: 10h00 à 17h00 et dimanche: 10:00 à 16:00)
    Pour information:Fête des semences Lanaudière ou Alex Boisdequin-Lefort 450-917-1393, info@fetesemenceslanaudiere.org
  • Samedi et dimanche, du 27 au 28 février
    Sherbrooke, 4675 Boul. Industriel (10:00 à 16:00)
    Pour information:  Mélanie Grégoire (819-570-2717) ou  melanie.gregoire@serresstelie.com
  • Dimanche, le 13 mars
    Alma, 525, rue Sacré-coeur ouest (10:00 à 16:00)
    Pour information: Marc Fortin: almaentransition@bell.net
  • Samedi et dimanche, les 19 et 20 mars
    Frelighsburg, 23 chemin Garagona (10:00 à 16:00)
    Pour information: Teprine Baldo 450 298-1473 ou Fête des semences Frelighsburg

Le téosinte, l’ancêtre du maïs

Teosinte (image: ssaft.com)

Teosinte (image: ssaft.com)

Pendant des centaines d’années, les amérindiens l’ont appelé « ma mère, ma vie » tellement le maïs faisait parti intégrante de leur régime alimentaire. Cultivé avec la courge et le haricot, ce trio qu’on surnomme  « les trois sœurs » n’aurait pu exister sans un coup de main du destin.

De fait, qui aurait pu croire que le maïs moderne trouverait son ancêtre chez une graminée mexicaine appelée téosinte (zea diploperennis). Voir photo ci-contre.

En effet, même si certaines sources mentionnent qu’on aurait mangé les épis verts comme légume, les grains de la plante sont si coriaces que même les oiseaux ne peuvent les digérer; un ingénieux moyen de propagation. Mais alors, qui a t-il eu il y a 7 000 ans pour qu’on y accorde de l’intérêt? Et bien les tiges riches en sucre, une fois fermentées produisaient de l’alcool pour la confection de la « chicha« . Et oui, encore la maudite boisson, diront certains. Mais la domestication de la plante aura permis d’observer quelque chose de singulier.

Teosinte versus mais moderne

Teosinte versus mais moderne

En effet, une seule graine sur 4 millions présentait des caractéristiques différentes du plant-mère. Des expérimentations successives ont permis, 1 500 ans plus tard, de voir apparaître supposément le premier maïs. Évidemment, avant de parvenir jusqu’à nous, au Québec, il y eu une série de mutations génétiques et une sélection patiente et incessante des cultivateurs autochtones. Depuis cette époque, on en dénombre des centaines de variétés inclus dans 7 familles:

  • INDENTÉ : La majorité du maïs cultivé au Canada et aux États-Unis provient de ce type (« dent corn » en anglais). C’est le fameux « blé d’inde à vache » qu’on voit un peu partout en monoculture dans les campagnes. Il s’égrène une fois parvenu à maturité. Il s’intègre principalement dans la production de nourriture pour le bétail et dans des produits tels l’éthanol et l’huile de cuisson. Le maïs indente blanc contient un haut taux d’amidon et il s’utilise dans la confection des chips (genre Tostitos), gruau et autres produits transformés du même genre.
  • AMYLACÉ: Les anglophones le surnomme « soft corn ». Ce type de maïs est composé principalement d’amidon doux et, une fois séché, il produit une farine fine et poudreuse. Les amérindiens l’ont particulièrement cultivé pour la préparation d’une pâte qu’on appelle « masa » au Mexique.
  • FULMINANT : Utilisé pour le maïs soufflé, les grains se cuisent lorsqu’ils sont séchés totalement. Les semences peuvent se conserver plusieurs mois voire un an. C’est lui le fameux pop-corn.
  • SUCRÉ: Les variétés de ce type contiennent un haut taux de sucre. Originaire du Pérou, on le consomme bouilli, grillé et même nature dans les conserves. Le roi de nos « épluchettes ».
  • ALBUMEN CORNÉ: Aussi appelé « flint corn » ou « Northern flint » en anglais, ce type produit des grains cornés et luisant avec une écorce très dure. Utilisé surtout pour confectionner des décorations.
  • TUNIQUÉ: Connu sous le nom de « pod corn » (en anglais), chaque grain est recouvert d’une enveloppe coriace. Ce serait le premier type de maïs à avoir été cultivé par l’homme à des fins alimentaires.
  • VISQUEUX: On le voit aussi apparaître sous les termes « maïs cireux » ou « waxy corn » (en anglais). Il produit une fécule épaississante destiné, entre autre, aux industries manufacturières.
Image: rosacorleone.over-blog.com/

Image: rosacorleone.over-blog.com/

N’est-ce pas merveilleux qu’à partir d’une seule plante à l’allure austère, puisse surgir une multitude de cultivars alimentaires aux caractéristiques si différentes! Et l’histoire ne s’arrête pas là. Que se soit via les recherches gouvernementales ou par des multinationales, des personnes seules ou encore par le biais d’organismes de protection, le maïs évolue encore. Vous n’avez qu’à lire notre article intitulé « le maïs glass gem » pour vous donner un aperçu de ses possibilités versatile. Parmi les plantes les plus cultivées au monde, Il est dommage qu’une telle palette de biodiversité soit en danger par une utilisation abusive des mêmes variétés par l’agrobusiness. Une perte inestimable pour l’humanité et une réelle tristesse en considérant les milliers d’années qu’il aura fallu à l’homme pour parvenir à ces résultats.

Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maisPOUR EN SAVOIR PLUS:  Un magnifique ouvrage intitulé « Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs », vous dresse un portrait encore plus détaillé de cette relation particulière entretenue depuis le fond des âges avec cette plante qui a failli disparaître de notre alimentation avec l’arrivée des français.

Le cresson Groleau

Graines de cresson Groleau

Graines de cresson Groleau

Depuis 1972, une petite herbacée annuelle vivace  (Lepidium sativum) pousse à Saint-Casimir dans le comté de Portneuf sous la précieuse protection de Madame Nicole Groleau. Les feuilles au goût prononcé se récoltent comme le persil et s’utilise comme légume. Il rehaussera agréablement vos salades. Haut de 45 à 55 cm, plantez-le dans un sol bien drainé à la mi-ombre sinon le goût des feuilles en sera altéré. Faites plusieurs semis à intervalle régulier durant la belle saison pour en récolter tout l’été. Une fois en graines, vous n’aurez qu’à secouer pour ressemer. Il reviendra l’an prochain. N’est pas envahissant. Zoné 4. On remercie Monsieur André Paquet de nous avoir partagé cette trouvaille. On prendra d’autres photos pour mieux vous la décrire aussitôt qu’on en aura. 

Gagnante de notre concours des fêtes 2015

Nous félicitons Madame Stéphanie Myriam Rochon, gagnante de notre concours des fêtes 2015. Elle s’est méritée des semences de courge Canada Crookneck, une variété rare de courge amérindienne. Madame Rochon profitera de la nouvelle saison d’été pour l’intégrer dans son futur « projet de ferme tinctoriale, une initiative écologique de plantes colorantes et de plantes à fibre destinées à la fabrication locale et artisanale de teinture, de textile, de papier et de matériel d’art graphique ».

Nous en profitons du même coup pour vous dire combien nous avons apprécié tous les bons mots reçus en même temps que vos réponses. Nous les lisons tous et même si cela ne vous donnait aucune chance supplémentaire, nous n’en revenons pas de votre support. Vous êtes de plus en plus nombreux à participer et, on avoue, difficile à berner.

En effet, une grande majorité ont donné la bonne réponse concernant notre petit quizz dans lequel on vous invitait à identifier le légume utilisé dans la confection de l’éponge exfoliante qu’on retrouve souvent dans les pharmacies (voir photo ici-bas à gauche). Et la réponse est…. la courge luffa ou loofah (en arabe).

Luffa séché versus Luffa en croissance.

Luffa séché versus Luffa en croissance (photo à droite: la fibre végétale)

L’idée de cette question nous a « poppé » à la suite d’un devoir de fin d’année de mon fils en maternelle.

En effet, il s’est vu demander de présenter une collection de 100 objets. Et tel père, tel fils, il a décidé de concentrer ses efforts sur la présentation de 100 sortes de semences provenant d’autant de plantes. Depuis septembre 2015, il amasse patiemment toutes sortes de graines. Et, pour l’encourager, Geneviève Bergeron, une charmante agronome et propriétaire de l’entreprise la fibre végétale, lui a remis des graines de ce légume plutôt inusité qu’elle produit commercialement depuis l’été dernier. Selon son site:

Les éponges de luffas vendues au Québec proviennent principalement d’Asie ou du Moyen-Orient en grande partie, et même si elles sont souvent certifiées biologiques, elles sont souvent traitées de façon à éviter l’importation d’organismes indésirables. Elles sont par ailleurs compactées et livrées par conteneur, ce qui fait qu’elles voyagent longtemps avant d’arriver dans votre maison!

En effet, les espèces Luffa acutangle et aegyptiaca Mill. (il en existe plusieurs autres espèces) peuvent se consommer avant maturité mais c’est la dernière citée qui procure cette texture naturelle aux gants de crin. Une vidéo ici-bas (en anglais seulement) vous montre justement la manière de récolter le légume une fois séché sur le plant. Originaire des régions subtropicales et tropicales (peu de sources se risquent à déterminer une région précise) mais plusieurs évoquent l’Afrique de l’ouest, l’Asie, la Malaisie ou le Pacifique. De son état naturelle il y a plusieurs centaines d’années, la courge se serait dispersée un peu partout avec l’aide de l’homme sous le vocable « éponge des blancs ». Aujourd’hui, on lui donne le surnom de courge-torchon puisqu’elle s’utilise dans moult contextes notamment en cosmétique, dans le transport de marchandise, la fabrication de cordage temporaire ou de filtre, la mode, comme éponge à récurer, etc. Biologique et versatile, elle se jette au compost après usage.

Au Québec, la production d’éponges à titre personnel se fera sous abris à cause du climat puisqu’elle ne parviendra pas à maturité. À cause de cela, sa faible rentabilité économique la rend une curiosité dans nos potagers. Pour la consommation humaine, faites des semis intérieurs 5-6 semaines avant de repiquer au jardin. Les graines prennent entre 2 et 3 semaines pour germer. À PRÉVOIR POUR ALLER PLUS VITE: Avant de semer, faites tremper vos graines dans l’eau chaude pendant 20 minutes entre 45 et 55 degrés Celsius et dans l’eau tiède pendant 24 heures. On la replantera après tout risque de gel (mais idéalement à une température de 15 degrés Celsius) dans un sol irrigué, léger et riche en matières organiques. N’oubliez pas les treillis; c’est une grimpante. Espacez de 40 à 100 cm entre les plants et de 1.5 à 2 mètres entre les rangs. Elle fera sensation à des températures dépassant les 25 degrés Celsius mais vous devrez arroser par moments de sécheresse. Pour consommation humaine récolter jeune (15-20 cm de long). Sinon, pour la production d’éponges, laissez jaunir et sécher sur le plant le plus longtemps possible. Cela permettra un assèchement complet de la chair et facilitera son épluchage. Si ce n’est pas possible rentrez les fruits à l’intérieur jusqu’en décembre dans un endroit chaud, sec et aéré. Au moment de la transformation, vous sentirez sa légèreté. La pelure et les graines devraient s’arracher facilement. Dans le cas contraire, frappez sur les rebords d’une chaudière haute pour expulser le surplus de semences demeurées enfermées. Coupez vos éponges à la longueur voulue. TADAM! Vous venez de vous sauvez beaucoup de 6.00$ (+ taxes) pour un bout de 10 cm d’éponge exfoliante.

IMPORTANT: Les graines de cette courge sont considérées potentiellement nocives. Éviter de consommer.

Bonne année 2016!

Marché de la Place Jacques-Cartier en 1943 (photo collection Martin Duchesne)

Marché de la Place Jacques-Cartier à Montréal en 1943 (photo: collection de Martin Duchesne)

Nous tenons premièrement à vous souhaiter, avec chaleur, une belle année 2016! Vous rendez-vous compte, cela fait maintenant 5 ans et demi que nous vous entretenons à peu près à chaque semaine d’un petit sujet entourant nos fruits et légumes ancestraux du Québec. On nous avait dit qu’en démarrant un blogue, le secret pour réussir sera de le conserver vivant et de persévérer. 450 articles et plus de 500 000 visiteurs plus tard, je crois que c’est mission accomplie. De merveilleux commentaires, des rencontres inoubliables, de l’aide et des dons de trésors de notre patrimoine en voie d’extinction, des récits fantastiques et bien entendu, vos encouragements constants. Ça nous donne donc l’occasion de vous dire d’immenses mercis! Et dites-vous qu’il est facie d’écrire, si l’avenir le permet, encore 450 chroniques puisque le sujet semble intarissable.

En attendant, êtes-vous encore de ceux chez qui le réveillon du jour de l’an se traduit par musique, blagues, danses, jeux et boustifaille? Lorsqu’on décortique le contenu des chansons à réponde populaires de l’époque (ex: années 30-40), les sujets reflétaient souvent les préoccupations quotidiennes ou l’actualité. Vous n’avez qu’à écouter l’extrait de la Bolduc ici-bas pour vous en convaincre. Dans ce cas-ci, le thème du marché. Mon père avait une déclinaison beaucoup plus grivoise de cette chanson qu’il aimait nous rappeler justement le soir du jour de l’an. L’éloignement des villages faisait en sorte qu’avec le temps, les paroles se transformaient…. Un peu comme celles de l’histoire de nos légumes et fruits ancestraux.

Une courge amérindienne revit après 800 ans, un canular?

Courge Gete-okosomin

Courge Gete-okosomin (image: seedkeeping.tumblr.com)

Depuis cet automne, une nouvelle enflamme le net concernant une courge amérindienne redécouverte et éteinte depuis 800 voire 850 ans. Malheureusement, comme bon nombre d’histoires relatives aux variétés anciennes, il semblerait qu’elle aussi ait traversé une distorsion de la réalité comme celle du jeu du téléphone. Pour bon nombre de sites, le récit s’articule comme suit… Et on vous a même intégré les images habituellement utilisées pour l’illustrer.

En 2008, sur le territoire de la réserve Menominee dans le Wisconsin aux États-Unis, qu’elle ne fût pas la surprise d’un groupe d’étudiants en archéologie de Winnipeg de découvrir un vase d’argile (voir photo ici-dessous) de la grosseur d’une balle de tennis dans lequel se cachait des semences d’une courge inconnue. La datation au carbone 14 a permis d’apprendre que le pot en question avait au moins 800 ans. Wow! Imaginez-vous… Enterrée là depuis le Moyen-Âge, presque 300 ans avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.

Urne retrouvée sur le site ayant conservée les graines de courge Gete-okosomin

Urne retrouvée sur le site ayant conservée les graines de courge Gete-okosomin

Étudiants ayant redécouvert les graines de courge disparue

Étudiants ayant supposément redécouvert les graines de la courge disparue

Testant la viabilité de ces anciennes semences autochtones, devinez quoi? Elles germèrent. Résultat: une ancienne variété éteinte (cucurbita maxima) depuis belle lurette a pu renaître. Nommée « Gete-okosomin » se traduisant en anglais « Big Old Squash» (grosse vieille courge) ou «Very cool Old Squash » (très cool vieille courge) le plus gros spécimen mesurait 3 pieds de long (presqu’un mètre) et 18 livres (8 kilogrammes). Certains sites ajoutent (traduction en français approximatif) :

La découverte de cette courge « cool » symbolise beaucoup plus qu’un simple légume pour cette communauté car il représente un moment de l’histoire où la nourriture était un droit citoyen.

Cela sert aussi de rappel à l’effet que les denrées retrouvés dans les supermarchés d’aujourd’hui ne représentent qu’une fraction du monde alimentaire existant.

Semences de courge Gete-okosomin

Semences de courge Gete-okosomin

Voilà grosso modo l’histoire qu’on retrouve un peu partout sur le net y compris via des médias reconnus. Pour les intéressés, cette courge existe réellement et le semencier du patrimoine l’a déjà mise en sécurité par l’intermédiaire de leur banque de semences. Il ne reste qu’à la parrainer pour la sauvegarder à long terme. Bien qu’on ne pourra peut-être jamais connaitre la vraie histoire, nous pouvons aborder une autre version.

David R. Wrone

David R. Wrone

En effet, voyant l’ampleur virale du sujet sur la toile, David R. Wrone, professeur émérite de l’université de Wisconsin-Stevens a voulu remettre les pendules à l’heure.

De fait, ayant consacré une partie de sa vie à l’étude des semences ancestrales des peuples autochtones ceinturant les grands lacs, sa lettre tente de décrire l’historiographie, en fonction de ses souvenirs. Selon sa description, il n’y aurait jamais eu d’urne, d’archéologistes et encore moins de datation au carbone 14. Le récit se veut beaucoup moins fantaisiste.

En fait, les semences lui auraient été envoyées par la poste en 2000 à la suite du décès d’un de ses amis, Jim (nom de famille non mentionné), lui-même les ayant reçues d’un couple d’Indiana à l’automne 1995 après une visite dans leur potager à l’été de la même année. Aux dires du couple, membres de la nation Miami, cette courge se cultivait depuis plusieurs générations voire plusieurs centaines d’années par cette même communauté autochtone. Une note envoyée au White Earth Seeds Library explique qu’une confusion a pu survenir avec une fouille archéologique simplement du fait qu’au même moment, il avait reçu d’une seconde source d’autres graines en provenance d’une vieille maison de l’Indiana enterrées profondément dans le sous-sol. L’humidité et la température aidante les auraient préservées durant plusieurs centaines d’années.

Toutefois, les courges de ce deuxième envoi se sont avérées peu goûteuses et rachitiques. Par hasard, les deux variétés ont étés envoyées au même moment à la bibliothèque de semences de White Earth et l’interprétation de Monsieur R. Wrone suggère que les histoires se seraient sûrement mélangées pour produire celle circulant actuellement. Cela confime simplement la simplicité avec laquelle il est facile de vicier une information non validée encore et encore jusqu’au point où, avec le temps, elle devient la vraie histoire. Ça m’arrive tout le temps lorsque je tente de retracer le parcours d’un cultivar québécois. Alors, pourquoi en serait-il différent ailleurs.

Néanmoins, il est navrant de constater le peu de rigueur de sources scientifiques accentuant voire encourageant cette désinformation. Une saine curiosité aurait pu leur mettre une puce à l’oreille. Pourquoi n’énumérait-on jamais le nom des étudiants en archéologie? Le carbone 14 n’est absolument pas indiqué pour la datation de la poterie. Vous ne me croyez pas? Écoutez l’émission 130 de Génial, une émission scientifique pour les jeunes de Télé-Québec qui répond exactement à cette question. 800 ans de préservation, même dans d’excellentes conditions, ça me semblait possible mais très gros. Quoiqu’on a supposément fait revivre des semences vieilles de 30 000 ans mais… congelées dans le pergélisol; déjà plus plausible. Pourquoi baisser la garde? Parce que ce n’est qu’un légume?

Bref, cela m’a fait songer à la phrase d’une ancienne série américaine X-Files: I want to believe (Je veux y croire). J’aurai tellement voulu moi aussi.

 

Comment reproduire et conserver vos pommes de terre

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Un des mes souvenirs gastronomiques d’enfance m’amène automatiquement à penser à la pomme de terre. Rissolée, frite, en fricassée, au four, pillée, revenue avec du gras de lard mais surtout bouillie. Il y en avait pratiquement à chaque repas et apprêtées de toutes les manières. Je me souviens de l’unique formule de politesse de ma mère pour mettre fin à une conversation: « Faut que j’aille éplucher mes patates ». J’ai longtemps banni ce tubercule de mon alimentation une fois quitté la maison; trop associé à des repas hebdomadaires plutôt ternes. Je n’en veux absolument pas à mes parents puisque c’était un légume-phare de l’époque.

En effet, vivant en campagne au début de 1970, peu de moments dans l’année nous amenaient une diversité gustative dans nos assiettes. 35 ans plus tard, j’ai redécouvert son goût en y ajoutant mon grain de sel, notamment en variant les cultivars et en calmant mes ardeurs quant à sa fréquence dans notre menu. J’ai même commencé à en planter il y a quelques temps, histoire de faire plaisir à mon beau-père. Je crois aujourd’hui l’avoir suffisamment puni et décidé de faire définitivement la paix avec ce légume qui nous accompagne au Québec depuis le milieu du 18ème siècle.

Source: goodlifepermaculture.com

Image: goodlifepermaculture.com

Pour cela, je vous dresse ici-bas la technique pour en reproduire et les conserver avec en prime, un lien vers un excellent texte en français de Bob Wildfong pour multiplier encore davantage le nombre de variétés sans devoir vos astreindre à entreposer de gigantesques quantités dans votre chambre froide. Lisez aussi un de nos anciens articles pour une production accrue sur un même espace.

De même, il existe une autre manière originale d’en cultiver sans labour, une vraie petite révolution en marche qu’on décrira éventuellement dans un article futur. Pour vous donner une idée, on vous joint une vidéo pour vous montrer le concept.

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Curiosité au potager: la courge candy roaster

Courges candy roaster

Courges candy roaster

Très ancienne courge d’hiver d’avant 1800 et originaire des zones ceinturées par l’ouest de la Caroline du Nord, l’est du Tennessee et le nord de la Georgie aux États-Unis. Les premières notes concernant cette variété remontent à 1925 dans un article du journal Charlotte observer. On y mentionnait alors que:

…the “Indian Fair at Cherokee School” where Candy Roaster Squash seeds were made available to people who applied for them through the Chamber of Commerce.

Graines de courge Candy Roaster

Graines de courge Candy Roaster

Une citation qu’on pourrait traduite librement comme « des semences de courge candy roaster seront offertes dans le cadre de la foire indienne de l’école Cherokee aux personnes les ayant encouragés par l’intermédiaire de la chambre de commerce« . Cultivée justement par la tribu Cherokee au sud des Appalaches selon la technique des trois sœurs, ses feuilles immenses procurent ombre et protection contre les mauvaises herbes. Son apport culturelle dans leur alimentation semble majeure et on la reconnait pour sa saveur douce et excellente pour la confection des tartes, beurre, soupe et pains et ce, sans ajout de sucre ou autres succédanées. Les amérindiens la chérissait aussi pour sa capacité à résister aux gels d’hiver et à sa longue durée de conservation. C’est justement durant l’entreposage que sa saveur gagnera en intensité. Lorsqu’elle est bouillie et transformée en compote, on peut comparer son goût à celui de la patate douce. Et, nous confirmons. L’originalité de ce légume l’amène à pousser sous toutes sortes de formes: oblongue, ronde, longue ou de poire. Même sa couleur diffère passant du jaune au rose saumonée, beige, verte ou encore orangée. On est toujours surpris.

Néanmoins, son poids n’ira pas en dessous de 10 livres, un monstre au potager (voir image ci-contre avec le chat). Certains spécimens rapportés dépassent les 250 livres. Alors, soyez sur vos gardes et installez-la dans un endroit ensoleillé mais isolé car elle prend beaucoup d’espace. Menacée, la nation Cherokee a jugé la situation suffisamment préoccupante pour la protéger en préservant des graines via une banque de semences tandis que Slow Food USA l’a reconnue parmi les cultivars en danger du terroir américain.

Courge Canada Roaster en comparaison avec un chat mâle adulte.

Courge Canada Roaster en comparaison avec un chat mâle adulte.

En effet, elle peut facilement se croiser avec une autre cucurbita maxima si elle n’est pas séparée d’au moins 1,6 kilomètres de distance. À cause de cela, il est important que d’autres jardiniers dévoués (amateurs ou non) prennent la relève afin d’assurer sa protection et contribuer à sa préservation. Si vous êtes intéressés, plantez directement au jardin, sur une butte (3 pieds de diamètre sur un pied de hauteur), 3 graines à une phalange de profondeur, espacées de manière équivalente, une fois le risque de gel au sol passé. Arrosez et laissez faire la nature. Pas plus compliqué. Vous pourriez peut-être devoir arroser en période de sécheresse. Si cela devait arriver, faites-le en fin de journée pour éviter les brûlures et les tâches sur les feuilles. Maturité: 95 à 110 jours.

Les rencontres de la permaculture

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Le 28 novembre prochain, les routes de la permaculture, une nouvelle communauté mise sur pied en 2015, vous invitent à leur premières édition des rencontres sur la permaculture. Pour se remettre un peu dans le contexte, sachez que ce concept « vise à créer une production agricole durable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant…) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible« . L’idée peut sembler nouvelle mais les iroquois et les algonquiens pratiquaient ce type d’agriculture des siècles bien avant l’arrivée de Jacques-Cartier.

Selon les organisateurs, « cet événement vise à ressembler des personnes expertes, passionnées et curieuses de permaculture afin d’échanger des connaissances et des savoir-faire par de petits ateliers théoriques et pratiques« . Entre 9:00 et 19:00, au Carrefour Eusebe à Montréal, (2349, rue de Rouen), ils vous proposent une série de thèmes participatifs pour impliquer chacun. Selon les instigateurs:

Nous désirons apprendre et nous inspirer les uns les autres tout en construisant une communauté et un solidarité parmi les praticiens de la permaculture au Québec.

Pour les personnes intéressées, n’hésitez pas à consulter la description de leurs activités sur leur page Facebook. Vous pouvez également vous procurer des billets sur Eventbrite. Ouvert à tous!

Carte postale du mois d’octobre 2015

L’Halloween, c’était quand même bien plus épeurant auparavant. Vous imaginez-vous! Bien avant les films d’horreur, les seules références culturelles se véhiculaient par les croyances, les histoires orales ou les publications écrites par la religion.

En effet, il y a environ 3000 ans, l’année Celte se terminait le 31 octobre et non le 31 décembre comme c’est le cas actuellement. Et cette dernière nuit s’appelait « nuit de Samain, le dieu de la mort ». Comme la noirceur s’allongeait à cette période de l’année, la légende prétendait que les fantômes des morts en profitaient pour rendre visite aux vivants. Et Samain rôdait durant cette nuit pour rassembler les âmes trépassés dans l’année. C’était vraiment autre chose. Pour vous démontrer un peu de l’état d’esprit de nos ancêtres, on vous propose une collection de clichés anonymes (entre 1875 et 1955) tirés du livre Haunted Air d’Ossian Brown, préfacé par David Lynch. Cet ouvrage nous plonge dans l’ambiance macabre de l’Halloween de cette époque. Certaines photographies glacent le sang tellement elles rendent mal à l’aise. Si d’autres photos du genre vous intéresse, consultez ce lien.

Source: Hauted air

Source: Haunted air

Source: Hauted air

Source: Haunted air

Source: Hauted air

Source: Haunted air

Source: Hauted air

Source: Haunted air

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