On revient pour le 10 juillet 2015

On prend une pause de 4 semaines. Ça nous permettra de donner un coup au potager sans oublier le désherbage….. GRRRR! On le sait…la bataille est perdue d’avance. La seule chose qu’on peut faire sera de ralentir l’invasion. Incroyable comment la nature reprend ses droits à vitesse grand V lorsqu’on a le dos tourné. On a beau inventer des toutes sortes de stratégies pour l’éliminer, elle s’adapte et revient avec force. RE-GRRRRRR! C’est ça la nature.

On vous laisse donc avec quelques photos d’une partie de notre potager luxuriant. Et oui, ça fait déjà plusieurs semaines qu’on récolte toutes sortes de choses: rhubarbe, camerises, oseille, fines herbes, livèche… Il ne faut pas oublier qu’au printemps, nos ancêtres avaient tellement hâte de manger autre chose que des racines qu’ils avaient développé de belles variétés hâtives qu’on a malheureusement trop souvent oubliées. On vous revient avec d’autres belles chroniques et découvertes vers le 10 juillet 2015. Merci de nous lire!

Potager (printemps 2015)

Devanture (2015)

 

Art visuel et melon de Montréal

Maquette de Jordan Racine (2015)

Maquette de Jordan Racine (2015)

Nous tenons à souligner le travail de Monsieur Jordan Racine, artiste multidisciplinaire en arts visuels, pour cet amalgame d’images représentant le melon de Montréal.

En effet, ce dernier nous a contacté en début d’année pour nous demander la permission d’utiliser certaines de nos photographies dans le but de présenter cette maquette à un concours. N’ayant malheureusement pas été sélectionné par le jury, nous trouvions dommage de remiser ses efforts au placard. Nous vous encourageons à visiter sa page Facebook sur laquelle vous y retrouverez, entre autre, d’autres œuvres en lien avec l’agriculture notamment une belle peinture acrylique sur bois pour les Jardins de Léoni. C’est notre clin d’œil de la semaine!

TOUTES REPRODUCTIONS SONT INTERDITES SAUF AUTORISATION DE LA PART DE MONSIEUR JORDAN RACINE.

Provender: une start-up québécoise au service de la biodiversité

Provender

La fonction première d’un fruit ou d’un légume n’est-elle pas de « nourrir »?  Simpliste comme raisonnement, non!

Pourtant, comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de choix dans les épiceries, les restaurants et les marchés d’alimentation? Depuis le temps qu’on fait des recherches et fournissons des exemples sur ce blogue, ce n’est pourtant pas le choix qui manque il me semble. Et bien la raison est très simple.

En effet, les agriculteurs ne parviennent pas toujours à trouver des débouchées. Croyez-vous qu’il vaille la peine de semer des tomates rares s’il n’y a aucune demande? Qu’ils ont le temps de faire la tournée des magasins pour sensibiliser les consommateurs au goût de cette tomate? De prendre le risque de ne rien vendre et tout jeter? Le feriez-vous? Nous non plus! Trop risqué! C’est pourquoi, on se retrouve encore et encore avec les mêmes céleris, piments, patates, etc. Mais tranquillement, ça change.

De gauche à droite:  Jeff Aldrich, Kyra Kristof et Caithrin Rintoul (image:  Alain Wong)

De gauche à droite: Jeff Aldrich, Kyra Kristof et Caithrin Rintoul (image: Alain Wong)

De fait, il existe maintenant un outil formidable en français pour jumeler producteurs et chefs cuisiniers: Provender. Depuis 2013, cette compagnie québécoise, créée par Caithrin Rintou, Jeff Aldrich et Kyra Kristof, jumelle deux partenaires naturels en facilitant offre et demande via un marché virtuel. Pour le moment, près de 100 restaurants et 200 fermiers y sont membres… et ce n’est qu’un début. Par exemple, le fermier prend des photos de ses récoltes disponibles et les publient sur le site. Par la suite, les chefs passent leurs commandes directement en sélectionnant les produits souhaités. Les denrées sont livrées habituellement le lendemain. Wow! Fraîcheur garantie! Un petit vidéo ici-bas (en anglais seulement…. c’est pas ma faute!) vous démontre le processus de la terre à l’assiette.

Avec cette curiosité qu’on maintenant les clients de restos pour les nouveautés, textures, goûts et curiosités, ainsi que le désir des chefs de travailler de nouvelles matières, il devient plus facile d’offrir de la diversité; réduisant du même coup le gaspillage. En 2015, une nouvelle fonction appelée « menu planning » ou « potager personnel » offrirait aux propriétaires de restos de publier des demandes spéciales aux cultivateurs pour l’an prochain; leur permettant de prévoir à l’avance ses semailles et ses revenus. En ciblant des besoins très spécifiques concernant légumes anciens, indigènes ou exotiques (dont l’offre est habituellement rare ou irrégulière), le « projet favorisera la biodiversité et ramènera la culture d’aliments oubliés au Québec ». Et réduisant ce perpétuel questionnement sur les débouchés et revenus. 

En attendant que le projet franchisse éventuellement une autre étape (pas encore dans les cartons de l’entreprise) en rejoignant le consommateur, le concept est tellement intéressante qu’un financement de 800 000$ leur a été octroyé en 2014 pour conquérir les marchés de l’Ontario et des États-Unis.

 

AliMaCulture: une équipe de jeunes engagés

Le 6 mai dernier avait lieu une levée de fonds bien particulière pour nous.

En effet, le 21 février 2015, Madame Jessica Lambert, étudiante au programme techniques de milieu naturel du cégep de St-Félicien, nous avait demandé s’il était possible pour elle et son équipe (AliMaCulture) d’acheter des semences pour la revente.

Plants "faits maison" de l'équipe d'AliMaCulture.

Plants « faits maison » de l’équipe d’AliMaCulture.

De fait, ceux-ci visait la réalisation d’un projet de jardinage dans leur institution scolaire en vue de l’atteinte d’un objectif fixé par leur cours de Gestion de projets en développement durable. Malheureusement, comme nous n’avions pas les quantités souhaitées nous voulions quand même les encourager dans leur démarche. Nous croyons en l’importance de soutenir ce genre d’initiative. Je dois aussi avouer qu’ils m’ont remémoré beaucoup de souvenirs ayant moi-même fait de nombreuses levées de fonds au collégial.

Nous leur avons donc proposé de leur envoyer gratuitement quelques échantillons de semences dans le but de produire eux-mêmes leurs propres plants et de les vendre.

C’est ainsi qu’avec de l’amour, de la patience et de bons soins, ils sont parvenus à offrir leur labeur aux intéressées. « Dès que les personnes voyaient une plante sur la table, ils se ruaient vers nous » nous écrivit Madame Lambert. « L’événement a été un franc succès » ajouta t-elle. Les organisateurs ont eu la gentillesse d’imprimer notre logo et l’adresse de notre blogue pour l’afficher devant leur kiosque. Vraiment sympathique et apprécié!

Qui plus est, ceux-ci avaient également organisé la vente de sachets de semences deux semaines auparavant recueillies chez une tierce personne. Et… ils en ont manqués.

Équipe AliMaCulture. Sur la photographie, de gauche à droite:

Équipe d’AliMaCulture. Sur la photographie, de gauche à droite: Méduline Chailloux, Renée-Claude Caron, Jessica Lambert et Maxime Gagné

On tient à vous féliciter pour votre persévérance. Nous sommes vraiment fiers d’avoir contribué à l’avancement de votre projet. On espère qu’ils nous tiendront au courant. Aussitôt qu’on aura des nouvelles, on fera une mise à jour.

Et simplement pour faire du pouce sur cette idée, voyez ce jeune de 11 ans (Xavier Gariépy) qui rêve de devenir agriculteur et qui pourrait, avec sa passion des citrouilles, faire la leçon à bien plusieurs d’entre nous (vous devrez toutefois vous farcir les quelques publicités auparavant).

Ouverture de la première bibliothèque de semences au Québec

Lancement de la bibliothèque de semences AtwaterCe mardi 12 mai 2015 à 18:30, Madame Deanna Kazina vous convie à l’ouverture officielle de la première bibliothèque de semences au Québec. Située à la bibliothèque Atwater au 1200, avenue Atwater à Montréal (entrée par la station de métro Atwater), cette initiative se veut un programme partage de semences destiné à tous les gens de la grande région de Montréal. 

Lors de cette soirée, vous sera projeté le film Open Sesame: The Story of Seeds avec une discussion à la fin de la projection. L’entrée est libre avec possibilité de faire un don.

Il y aura également une distribution gratuite de semences et de plants de tomates  Grand Rouge Tomate, Petit Moineau, Blanche du Québec, rayé Caravan, Violet Brandywine, et Litchi. Pour votre information, quelques-unes de ces variétés proviennent de notre propre stock de semences qu’ils ont reproduit l’an passé.

Pour en savoir plus, veuillez communiquer avec Deanna Kazina au deanna@actioncommuniterre.qc.ca.

IL EST IMPORTANT DE SOULIGNER QU’IL Y A EU UNE ERREUR « D’ANNÉE » LORS DE LA PRODUCTION DE L’AFFICHE. VOUS DEVRIEZ Y LIRE 2015 ET NON 2014.

Pour les personnes irritées par la publicité unilingue anglaise de cet article, lisez la section commentaire.

(mise à jour:19-05-15): Aux dernières nouvelles, 55 personnes se sont déplacées lors de cette soirée. Merci à Madame Kazina pour ce suivi.

Carte postale de mai 2015

Agriculture d'hier à aujourd'hui

 

Il est intéressant de constater la transformation de l’espace agricole québécois selon le modèle français versus Anglais. Par exemple, sur la photographie de gauche, prise en 1937, on y voit la municipalité de Charlesbourg. Fondée en 1626, au temps de la Nouvelle-France, on voit clairement l’influence française où tout est centré vers le cœur du village pour se propager vers l’extérieur; là où se situe l’activité agricole.

À droite, prise en 1961, une partie de l’ancienne route, appelée autrefois la 9, entre Saint-Hyacinthe (fondé en 1748) et Drummondville où l’on retrouve aujourd’hui l’autoroute Jean Lesage (ou la 20). On voit cette fois-ci la touche anglaise avec les délimitations distinctives des lots rectangulaires symétriques.

Un jour, lorsque ma mère (âgée de 85 ans) était jeune, elle s’est souvenue avoir été exproprié, comme des centaines de famille, d’une partie de ses terres par le gouvernement du Québec pour faire place à l’autoroute qu’on connaît aujourd’hui; une vraie saga.

Ainsi, si vous passez à Saint-Liboire par la 20 en vous dirigeant vers Québec ou Montréal, vous traverser donc une partie des anciennes terres de mon grand-père Hector et ma grand-mère Marie-Rose.

 

Secrets pour réussir ses plants de tomates

Si vous plantez des tomates cette année, le meilleur moment pour effectuer vos semis intérieurs devrait être vers la fin mars ou début avril et ce, si vous compter les repiquer au jardin vers le 15 mai (zone 5). Mais encore là, ça dépend du nombre de jours de maturité de votre variété. Plus elle produira rapidement, plus tardifs seront les semis. Plantez-les donc le plus tard possible. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est le réputé agronome Roger Doucet. En suivant le lien proposé, vous comprendrez pourquoi cet homme est si significatif.

Tomates Petit moineau

Tomates Petit moineau

En fait, nous aurions bien aimé parler directement avec le principal intéressé mais ce dernier n’accorde plus d’entrevue. Et nous respectons sa décision.

Toutefois, nous pouvons nous fier sur divers écrits (anciens et récents) pour nous guider et avons cru pertinent vous donner « LA » recette des experts, avec un peu de notre cru et de la sagesse de nos aïeux.

Premièrement, faites votre propre composé de terre à semis soit: une partie de compost (ex: crevette), une partie de mousse de tourbe et une partie de vermiculite. On tient cette recette de Monsieur Yves Gagnon des Jardins du Grand Portage lors d’une de ses conférences il y a 15 ans à Sorel. Bien humecter. N’utilisez en aucun cas les pastilles de tourbe compressées vendues en magasin. Pourquoi? Les petites racines ont trop de difficulté à traverser la couche de terre et ça nuit à leur croissance. La germination exigera deux choses: chaleur et humidité. Installez vos semis recouverts d’une pellicule plastique (ex: Saran wrap) ou d’un couvercle transparent au dessus d’une source de chaleur (ex: calorifère) pour créer un effet de serre. Une graine devrait germer habituellement entre 5 et 10 jours. Dès l’apparition des premiers germes, enlevez le plastique pour éviter le surplus d’humidité et l’apparition de maladies comme la fonte des semis.

Pour notre part, on les installe sous les fluorescents à large spectre qu’on retrouve chez presque tous les quincaillers (ex: Gro-lux) favorisant la croissance des plantes. Avec une minuterie programmable, vous n’aurez plus peur d’oublier d’allumer ou d’éteindre et vos plants se gorgeront des 14 heures d’ensoleillement nécessaires. Juste besoin d’arroser. Pour ceux ne pouvant se permettre un telle installation, les rebords de fenêtres les plus ensoleillés feront l’affaire. Nos arrières grands-parents se sont accommodés pendant des décennies de ce genre d’installation… Pourquoi pas nous?

Tomates Plourde

Tomates Plourde

Deuxièmement, faites votre second terreau de croissance selon la recette suivante: Deux partie de compost pour une partie de vermiculite et une partie de mousse de tourbe; une autre recette de Monsieur Gagnon. On garde nos classiques. Encore bien humecter. Transplanter vos jeunes plants ayant déjà 1 ou 2 vraies feuilles dans des pots individuels (entre 8 et 10 centimètres de côté). Il sera important d’enfouir la tige au moins à la moitié du plant.

En effet, la tomate à la particularité de développer des racines tout le long de sa tige si celle-ci est enterrée. Ça donne davantage de force au plant. Et par la suite, c’est là le réel secret: la température.

De fait, Monsieur Doucet suggère une température idéale de 15 degrés durant la journée et de 10 degrés la nuit. Il estime même qu’arrivé à une grosseur de la taille d’un crayon (entre 5 et 6 semaines après la levées des semis) et ce, pour renforcer encore davantage le plant de tomate on peut abaisser jusqu’à 2 degrés. BRRRR! Le résultat devrait engendrer un feuillage plus vert, des plants plus trapus et des feuilles plus grandes.

Troisièmement, la dernière semaine avant de repiquer en terre, on stoppe le chauffage et l’arrosage. Ça oblige la plante à développer encore davantage sa résistance. Pauvre elle! On s’acharne.

Tomate Quebec #13

Tomate Quebec #13

Par contre, si vous voyez votre plante dépérir, n’attendez pas et arrosez-là. Quand même, on est pas fou à ce point-là.

Quatrièmement, au moment de la transplantation au potager (par temps nuageux SVP), faite un bon trou. Mettez-y deux bonnes pelletées de raisins secs…. oup! Pardon!… de compost au fond de la fosse et arrosez jusqu’au moment ou l’eau ne s’absorbe plus. En sortant le plant du pot, enfouissez encore une fois la moitié de la tige dans la terre. Au pire, si elle est trop longue, couchez la tige. Ça stimulera encore davantage la formation de racines secondaires. Et plus de racines veut dire plus d’éléments nutritifs… Qui veut dire plus de résistance aux maladies… Qui veut dire de meilleurs fruits… Qui veut dire que c’est bon pour vous. Je crois que vous comprenez le principe. Après, stopper l’arrosage pendant 3 à 4 jours.

Plant de tomate Ledoux spécial

Plant de tomate Ledoux spécial

De notre côté, parce qu’on habite une région venteuse, on place sur le jeune plant un seau dans lequel on aura enlevé le fond. Nos « vieux » voisins quant à eux récupèrent des grosses boîtes de conserves l’hiver (ex: tomates broyées ou en morceaux) et leur enlèvent les deux extrémités et font la même chose. On installe deux piquets pour stabiliser le tout pour environs 3 semaines, soit le temps nécessaire pour que le plant s’enracine comme il faut.

Finalement, on enlève le seau, on garde un tuteur et paillons la base. La paille aura l’avantage de diminuer l’évaporation de l’eau, amoindrir l’impact de la pluie sur la terre lors de fortes pluies, freiner la mauvaise herbe et limiter le contact du fruit avec le sol s’il tombait; augmentant sa durée avant qu’il pourrisse.

Plantation de tomates au printemps (date et auteur inconnus)

Plantation autrefois de tomates au printemps (date et auteur inconnus)

Il est intéressant de noter que Monsieur Doucet observe qu’un plant devrait être exposé au plein soleil mais qu’une tomate, pour qu’elle soit plus goûteuse aurait avantage à pousser à l’ombre du feuillage. Cela aurait même l’effet de produire des semences ayant un taux de germination augmentée. Y’a pas à dire, c’est toute qu’une science la production de tomates. Vive l’expérience de nos ancêtres.

VOUS AVEZ VOUS AUSSI DES TRUCS DE GRAND-MÈRE SUR LA PLANTATION DES TOMATES, ON VOUS ENCOURAGE À LES ECRIRE DANS LA SECTION COMMENTAIRE DE CET ARTICLE. MERCI DE LES PARTAGER AVEC D’AUTRES PASSIONNÉS !

Curiosité au potager: L’oignon patate

 

Oignons patates dans les mains de mon fils de 5 ans.

Petits bulbes d’oignons patates prêts à planter dans les mains de mon fils de 5 ans.

Supposément apporté d’Europe par les premiers colons de la Nouvelle-France, l’oignon patate (nom latin: a. cepa var. perutile) est une très vieille variété dont on a perdu la trace dans l’histoire.

Toutefois, on peut retrouver quelques infos sur celui-ci à travers d’anciennes littératures notamment via le livre « les annales de la Société royale d’agriculture et de botanique de Gand (tome 4) » de 1848, dans lequel on prouve déjà son existence en 1776 au château d’Arundel, un édifice anglais du 11e siècle.

Qui plus est, on donne la recette suivante pour le cultiver.

…il faut bien ameublir le sol et le partager en planche de quatre pieds de largeur. On divise chaque planche en trois lignes équidistantes et on y place les oignons chacun à dix pouces du suivant, en ayant soin de conserver la disposition en quinconce entre les lignes respectives. On couvre les oignons soit de terreau de feuilles, d’engrais d’étable ou mieux d’un vieux compost préparé longtemps d’avance, de manière que la couronne seule de l’oignon ait jour. Quand la plante est levée, on attend un jour sec et on butte comme si c’était des pommes de terre. Après cela, on se borne à sarcler.

Oignons patateLa particularité de cette variété provient du fait qu’elle se multiplie de manière végétative par la base et ne produit aucune semence. Youppi! On peut donc sans craindre cultiver un autre oignon à côté sans risquer une pollinisation croisée.

Ainsi, vous la planterez au printemps (après le gel au sol passé) et de nombreux autres petits bulbes se multiplieront autour du plant-mère. Ce dernier se récoltera pour consommation humaine tandis que les autres pourront le confire dans du vinaigre ou être conservés pour plantation l’année suivante.

Au Québec, on parle de lui, entre autre, dans le Journal d’agriculture illustré de 1879 (volume 2 à 4). On dit de lui qu’il se conserve encore mieux que la pomme de terre et il est très apprécié par sa précocité. L’ouvrage explique son nom par le fait « qu’il se coupe comme la pomme de terre pour la multiplication ».

Oignon patate (Journal d'agriculture 1879- volume 2 à 4)

Oignon patate (Journal d’agriculture 1879- volume 2 à 4)

Toutefois, sa production aurait été abandonné par les agriculteurs modernes par l’absence de constance de la grosseur du légume à maturité. Et oui, une autre victime de l’uniformité alimentaire.

Néanmoins, son goût se veut moins prononcé et il parvient à maturité plus rapidement en comparaison aux autres variétés; une qualité importante chez nos aïeux en considérant les temps restreints de culture en région nordique.

Finalement, pour la conservation, les livres anciens suggèrent de les laisser sécher en grappes suspendus à l’air sec ou sur une natte de paille pour éviter le contact avec le sol. On tentera des expériences. Une autre de nos trouvailles cette année.

Avis de recherche: La prune Bonne Sainte-Anne.

LOUPEÇa faisait longtemps que nous ne vous avions pas entretenus d’une variété québécoise. Ce n’est pas qu’il n’y en a plus (nous en avons des dizaines en réserve) mais il est fastidieux de trouver de l’information crédible puisque très rare.

En voici une : la prune Bonne Sainte-Anne. Originaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, tirerait-elle son nom de cette région ou du sanctuaire aussi vieux (1658) que la ville de Champlain? Ce n’est peut-être aussi qu’une appellation inspirée de son créateur encore là inconnu…on cherche!

Quoi qu’il en soit, on retrouvait ce cultivar « près du Saint-Laurent, particulièrement dans les environs de Québec et plus bas, ainsi que sur l’île d’Orléans ». En 1925,  le Ministère fédérale de l’agriculture qualifiait cette variété européenne donnant un rendement avec « plus ou moins de satisfaction » (21,8 kg/arbre en moyenne). Les meilleurs spécimens pouvaitent aller jusqu’à 41 kg.

Nous n’avons pas d’images pour l’illustrer et ce n’est pas faute d’avoir cherché. Si vous en possédez une, n’hésitez pas à nous la faire parvenir. Nous mentionnerons avec gratification votre contribution à ce blogue. Pour vous laisser sur une piste, sachez que le fruit bleu est produit aux deux ans. À La Pocatière où l’arbre a été testé sur 20 ans, la floraison s’est faite entre le 26 mai et le 10 juin et le fruit prêt vers la mi-septembre.

Carte postale d’avril 2015

Léa et Desanges Deveau au travail dans le champs  (Batiscan)en 1928 (source: Émilie Roy-Element / Vieux presbytère de Batiscan)

Léa et Desanges Deveau au travail dans le champs (Batiscan)en 1928 (source: Émilie Roy-Element / Vieux presbytère de Batiscan)

On reçoit de temps à autre de belles images d’époque comme celle-ci d’une « bonne âme » illustrant nos ancêtres dans leurs tâches quotidiennes au jardin ou aux champs. Ces photos sont très précieuses car elles nous permettent de mieux comprendre l’atmosphère de ces temps révolus. Avec autant d’empressement, nous vous les partageons afin qu’elles puissent revivre d’une autre manière et peut-être servir à l’avancement de la compréhension de notre passé agricole québécois.

Nous tenons à remercier chaleureusement Madame Émilie Roy-Element, coordonnatrice des expositions et des activités du Vieux presbytère de Batiscan pour les informations suivantes concernant cette photographie.

Ce dernier (en parlant du Vieux presbytère) appartenait à M. Albert Roch Décary depuis 1922, qui leur permettait d’y habiter pour leurs vieux jours (Léa et Desanges Deveau) puisqu’il n’y venait que l’été. Chaque famille avait ses quartiers. Les Deveau ont habité le Vieux presbytère comme une maison de ferme, abattant les arbres pour transformer les terrains en champs de culture. Lorsque la maison leur appartenait, leur potager se trouvait, comme à l’habitude à cette époque, tout juste à côté de la maison.

Elle ajoute:

Ensuite, Décary a fait aménager un potager un peu plus loin et offrait aux Deveau de s’y approvisionner. Nous n’avons malheureusement pas d’images de ce potager, mais il en reste d’évidentes délimitations. Décary a également reboisé les terrains pour rebâtir la beauté du site que les Deveau avaient exploité à juste cause pour leur propre autosuffisance. Il a également aménagé le site avec de nombreux arbres fruitiers dont ils nous reste quelques précieux spécimens encore aujourd’hui.

Madame Roy-Element vous invite d’ailleurs à visiter, entre autre, la reconstitution du potager de l’époque érigé en l’honneur du curé Wenceslas Théophilas Fréchette, un ecclésiaste plutôt « excentrique » selon ses termes. Une belle sortie pour l’été 2015.

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